Le Temps: Les dirigeants de la Banque Cantonale Vaudoise ont critiqué le projet de loi du Conseil d'Etat, par voie de presse interposée. Votre réaction?

Jacqueline Maurer-Mayor:Le Conseil d'Etat considère cette intervention inappropriée et tout à fait regrettable. Nous ne nous sommes jamais permis de nous immiscer dans les affaires internationales de la banque par exemple. Nous sommes donc surpris que tout à coup, cette dernière décide de s'exprimer publiquement sur un projet où elle avait été préalablement consultée.

- Depuis lundi, avez-vous vu Messieurs Steimer et Zeller pour leur exprimer votre mécontentement?

- J'ai personnellement appelé le président, Olivier Steimer, pour lui dire ma surprise et mon courroux. Et je sais que le président du Conseil d'Etat, Pascal Broulis, en a fait de même.

- Comprenez-vous néanmoins leurs préoccupations?

- Leur principal souci réside dans la définition de la mission de la banque, où l'on énumère en détail les secteurs sur lesquels la banque doit porter une attention particulière. La direction craint qu'à partir de cet article, des actions en justice puissent être lancées, par exemple parce que l'établissement ne serait pas entré en matière sur un crédit.

- Une telle crainte est-elle fondée?

- Non, parce qu'il s'agit d'une définition générale de la mission, si bien qu'un citoyen ne pourrait en aucun cas s'appuyer dessus pour actionner la justice.

- Vous plaiderez donc devant les députés pour le maintien de l'alinéa contesté par la banque...

- Oui, car pour moi, la banque doit porter attention à tous les secteurs. Je défendrai donc le projet du Conseil d'Etat et croyez-moi, les députés ne vont pas attaquer cet article, car il s'inspire de l'initiative «de Preux», qui a été soutenue par le Grand Conseil.

- Redoutez-vous des conséquences négatives de cette irruption dans le débat parlementaire à venir?

- J'espère que d'ici là, les tensions seront retombées. Je souhaite en effet calmer le jeu. Apparemment, le conseil d'administration de la banque n'a pas mesuré la sensibilité politique liée à ce dossier en particulier.