Genève ne semble pas aller dans le même sens que Zurich pour gérer son aéroport. Des députés de gauche du Grand Conseil genevois ont déposé un projet de loi visant à modifier le fonctionnement de l'aéroport de Cointrin.

Les initiants souhaitent ainsi mieux définir le cadre stratégique, les objectifs et le contrôle de l'aéroport. «L'autonomisation mise en pratique dans un cadre flou n'a que peu de sens», analysent-ils. Le projet de loi propose donc de soumettre, à l'instar des Transports publics genevois, l'aéroport de Cointrin à un contrat de prestations.

Mais aussi d'inciter l'établissement public à intégrer dans une plus large mesure les composantes sociales et environnementales liées à l'exploitation de l'aéroport. Pour la députée socialiste Christine Sayegh, le grand avantage du contrat de prestations réside dans la transparence qu'il offre. De plus, «il permet un contrôle parlementaire de l'aéroport et une clarification des rapports entre l'Etat et l'aéroport et par là des responsabilités respectives. Avec un tel contrat, la question de l'indemnisation des riverains aurait été plus facile à régler». Le conseiller d'Etat Carlo Lamprecht ne comprend pas le manque de confiance manifesté à l'égard de l'aéroport. «Pour moi, c'est une mauvaise querelle. Je ne vois pas pourquoi l'Etat de Genève devrait décider de tout. Car l'aéroport représente un enjeu économique majeur pour toute la Suisse romande et la France voisine.»