L’agence de presse officielle Irna a annoncé que l’ambassadeur de Suisse à Téhéran avait été convoqué samedi au ministère des Affaires étrangères qui entendait protester contre les résultats du référendum du 29 novembre en Suisse.

«Le référendum va à l’encontre du prestige d’un pays qui se targue de défendre la démocratie et les droits de l’Homme», a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki à son homologue suisse Micheline Calmy-Rey lors d’une conversation téléphonique, selon Irna.

«Des valeurs comme la tolérance, le dialogue et le respect des autres religions ne devraient jamais être soumises à référendum», a-t-il estimé, mettant en garde la Suisse contre les conséquences d’actes anti-musulmans, selon Irna.

Il a espéré que le gouvernement suisse prendrait «bientôt les mesures nécessaires et trouverait un moyen constitutionnel pour empêcher la mise en oeuvre de l’interdiction».

Toujours selon l’agence Irna, Mme Calmy-Rey a indiqué que le référendum avait été mené contre la volonté du gouvernement suisse, qui utiliserait tous les moyens pour soutenir les droits des musulmans.

Mardi, devant les ministres de l’OSCE, Mme Calmy-Rey s’était dit préoccupée par ce vote.

Le référendum «va au contraire nous motiver à poursuivre davantage à rechercher l’ouverture, et le partenariat entre pays musulmans et non musulmans», avait-elle ajouté.

Les Suisses ont voté dimanche dernier à une large majorité de 57,5% pour l’interdiction de la construction des minarets à l’appel de la droite populiste. Ce résultat a suscité un très vif émoi en Europe et dans des pays musulmans.