Carnet de campagne

Lisa Mazzone: «Je suis favorable aux quotas»

A l’approche des élections fédérales, «Le Temps» a suivi de jeunes candidats durant leur campagne.

Carnet de campagne

«Je suis favorable aux quotas»

A l’approche des élections fédérales, «Le Temps» a suivi de jeunes candidats durant leur campagne. Lisa Mazzone, 27 ans Verts/GE

Invitée à venir débattre de l’égalité entre hommes et femmes devant un parterre d’étudiants, la candidate au Conseil national a été surprise des propos tenus par plusieurs jeunes. Ceux qui consistent à affirmer qu’«il n’y a plus de problème» aujourd’hui. «Ils ne se rendent pas encore compte des inégalités qui persistent», commente celle qui a pris la présidence des Verts genevois à seulement 26 ans. Active politiquement depuis de nombreuses années, Lisa Mazzone peut attester d’une longue expérience en matière de différence de traitement liée au genre. Le sien.

Commentaires sur son physique ou sa tenue, persiflages sur la tonalité de sa voix, écoute parfois plus difficile à obtenir de ses collègues, l’écologiste reconnaît que rien n’est encore gagné. «Il suffit de regarder la proportion de femmes aux Chambres fédérales. Ou alors de calculer le nombre d’occurrences de voix féminines dans la presse…»

Ce qui agace notre interlocutrice au plus haut point? La posture parfois «victimisante» qu’adoptent certaines femmes. «Etre victime, c’est encore ramener les femmes au statut d’objet et non plus de sujet», déplore celle pour qui l’instauration de quotas est l’un des moyens pour lutter contre cela. «C’est une mesure transitoire indispensable», estime la députée au Grand Conseil, qui peut s’enorgueillir de diriger un parti qui a fait de la parité une religion. Quant à l’effet pervers que peut potentiellement induire la parité, à savoir présenter deux candidats de sexe différent alors que deux femmes ou deux hommes présentent des meilleures compétences, Lisa Mazzone reconnaît qu’un tel phénomène peut survenir «si l’on va chercher des candidats deux mois avant les élections». «Mais ce n’est pas le cas chez les Verts, où nous accompagnons le parcours politique de nos candidates depuis longtemps. Chez nous, il n’y a aucune candidature alibi!»

Olivier Francey

Publicité