L’Observatoire universitaire de la sécurité (OUS) à Genève doit se trouver un nouveau directeur adjoint. L’alma mater du bout du Léman (UNIGE) confirme avoir «mis un terme à sa relation avec Nicolas Giannakopoulos». Aux motifs que l’exposition médiatique dont ce dernier, ses sociétés ou ses organisations ont fait l’objet, n’étaient «plus compatibles avec la poursuite sereine de ses activités au sein de l’OUS».

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En outre, poursuit l’UNIGE, sa désignation à ce poste n’avait pas entièrement respecté les procédures internes de l’institution. La nomination de Nicolas Giannakopoulos n'a en effet pas été formellement soumise ou entérinée par le Global Studies Institute, dont dépend l’OUS. «Il s’agit là d’une faille procédurale qui ne remet aucunement en cause l’intégrité éthique ni les compétences professionnelles de M. Giannakopoulos», précise l’Université.

Ce non renouvellement de mandat de Nicolas Giannakopoulos fait suite à une réflexion approfondie de l’alma mater genevoise. Depuis mars dernier, l’Université a cherché à faire toute la lumière sur le financement privé d’un séminaire organisé en octobre 2016 par le Genevois. Cette manifestation, consacrée au scandale 1MDB – une affaire de corruption qui fait vaciller la Malaisie et éclabousse son premier ministre, Najib Razak – avait réuni au bout du Léman plusieurs protagonistes (experts, activistes, personnages politiques, etc.) du dossier. Dont la journaliste d’investigation et rédactrice en cheffe du blog Sarawak Report, Clare Rewcastle Brown.

Caractère académique confirmé a posteriori

Selon cette dernière, la rencontre financée par Nicolas Giannakopoulos n’avait aucun caractère académique. Les intervenants auraient accepté de se déplacer à Genève, pensant avoir été invités directement par l'alma mater genevoise.

«L’UNIGE a mené un examen sur l’organisation du séminaire Corruption and Governance Challenge in Malaysia et a conclu à la légitimité académique de son organisation par l’OUS, même si l’absence de certains acteurs, les tensions entre les participants et son déroulement ne lui ont pas permis d’atteindre ses objectifs», souligne aujourd'hui l’Université. Et son responsable de la communication, Marco Cattaneo, d’insister sur le fait que la faille procédurale liée à la désignation de Nicolas Giannakopoulos au poste de directeur adjoint de l’OUS a été détectée dans le cadre d’une analyse plus large de la situation.

Contacté ce lundi, alors qu'il était à l'étranger, Nicolas Giannakopoulos considère faire l'objet d'un acharnement médiatique. «Saviez-vous que la discussion [de mon cas] a révélé l'existence de plusieurs «observatoires fantômes» au sein de l'UNIGE?», conclut-il.