La calamiteuse discussion sur le budget 2016 l’illustre: Neuchâtel n’a pas retrouvé la voie consensuelle qui avait fait sa réputation au sortir de la crise horlogère, que tout le monde appelait pourtant de ses vœux après les élections de 2013.

Le processus conduisant à l’adoption d’un nécessaire plan d’assainissement des finances aurait pu contraindre la classe politique et institutionnelle à viser le consensus, plutôt qu’un énième conflit partisan, idéologique ou géographique. Il eût fallu que le programme pourtant équilibré et frappé du sceau du bon sens du gouvernement lie les uns et les autres.

Le Jura avait choisi la table ronde à huis clos pour accoucher d’un programme de réformes partagé par le plus grand nombre. Neuchâtel dispose d’un outil décisif: l’exigence d’avoir une majorité des trois cinquièmes du Grand Conseil pour dépenser plus de 700 000 francs. Ni la gauche, ni la droite, ni les Montagnes, ni les représentants des communes ne peuvent prétendre, seuls, aux 3/5. Il eût fallu intégrer au plan d’assainissement un élément financier exigeant la majorité qualifiée.

Le gouvernement y a renoncé, et c’est dommage. Englué dans ses bisbilles politiciennes, Neuchâtel peine à construire des consensus. Or, un plan d’assainissement des finances doit justement s’établir par consensus, avec des sacrifices, des renoncements et des priorités admises par le plus grand nombre. L’occasion était belle de provoquer un changement d’attitude et de s’extirper des sclérosants rapports de force. Il n’est pas trop tard pour s’y astreindre.