L'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) ne devrait pas réagir officiellement, mais elle serait «déçue» – selon des sources bien informées – du compromis trouvé mardi à Bruxelles entre les Quinze, même si elle espère – sur la base de l'engagement européen en faveur de l'échange automatique d'informations en matière fiscale comme but ultime – qu'une évolution reste possible; notamment de la part de l'Autriche, qui n'aurait pas une définition de la fraude fiscale aussi restrictive que la Suisse et le Luxembourg.

La semaine passée, alors que les grandes lignes d'un accord européen se dessinaient, l'OCDE a écrit au ministre des Finances grec – chargé de présider aux travaux des Quinze – pour proférer une mise en garde: ce que vous faites là risque de contrarier le progrès déjà acquis et à venir sur la transparence fiscale entre les Etats, disait en substance ce message. L'OCDE essaye en effet de promouvoir largement l'échange d'informations sur demande et veut convaincre les centres financiers d'adopter ces règles.

Selon le Times, les îles Caïmans, Antigua et Barbuda voyant se profiler un accord à Bruxelles autorisant trois pays à conserver leur secret bancaire ont pris contact avec l'OCDE pour affirmer que si certains de ses membres étaient autorisés à ne pas appliquer l'échange d'information au sein de l'UE, ils pourraient remettre en cause leurs engagements dans ce sens vis-à-vis de l'organisation. Néanmoins, la décision des Quinze doit encore être soigneusement analysée par les services spécialisés de l'OCDE pour savoir dans quelle mesure elle influencera ses travaux. Une réunion du Comité des affaires fiscales est prévue la semaine prochaine.