Thème récurrent, la fusion entre Le Locle et La Chaux-de-Fonds n'est pas pour demain. Relancé au travers des «Rencontres de décembre» initiées en 1999 par l'ancien conseiller d'Etat André Brandt et le Club 44, le débat sur le rapprochement des villes des Montagnes neuchâteloises – qui perdent inexorablement de l'attractivité et des habitants – connaît un double coup d'arrêt.

Histoire de vérifier que le sujet passionne les foule, L'Impartial lançait en mai dernier un grand sondage auprès des habitants des deux villes. Censé interpeller la majorité des 47 600 habitants (37 200 à La Chaux-de-Fonds et 10 400 au Locle), l'exercice n'a recueilli que 820 réponses. «C'est vrai que ce n'est pas folichon, concède André Brandt. Pourtant, des spécialistes de ce genre d'exercice nous ont certifié que nous avions obtenu un succès considérable. Surtout qu'il n'y avait ni voiture ni voyage promis aux participants!»

Encore en phase d'analyse, les résultats montrent que 82% des personnes ayant spontanément répondu réclament une collaboration accrue entre les villes. Mais elles ne sont que 41% à vouloir leur fusion à court terme. «Et on peut imaginer que ce sont les convaincus qui ont répondu», commente encore André Brandt, ajoutant que «ce sondage avait pour but d'alimenter la discussion, de réveiller l'intelligentsia du Haut pour lui faire prendre conscience qu'on ne peut plus vivre reclus chez soi, au risque de disparaître, et qu'il est indispensable de collaborer. Pas seulement entre La Chaux-de-Fonds et Le Locle. Mais également avec Neuchâtel, afin de créer un réseau urbain cantonal.» Implicitement, pour André Brandt, la fusion des villes du Haut n'est plus une nécessité.

Forum civique en solo

Après avoir cordialement convié leurs voisins loclois aux «Rencontres de décembre», les Chaux-de-Fonniers du Club 44 ont retenu un thème exclusif à la métropole horlogère pour leur premier forum civique, qui débute jeudi, «la mobilité et la convivialité en notre ville». «Il n'y a aucune volonté d'exclure Le Locle, précise l'ancien ministre radical. La technique du forum civique est pour nous nouvelle. On doit éviter de s'y noyer. Il y a tant de non-dits entre nos deux villes depuis un siècle et demi qu'il faut commencer par sortir de la guerre des boutons.» «Les questions liées au trafic ne sont pas les mêmes, poursuit l'urbaniste chaux-de-fonnière Frédérique Steiger. Le Locle a surtout des problèmes de transit, alors que 70% du trafic, à La Chaux-de-Fonds, est interne.»

Ainsi, l'espace de cinq soirées, les Chaux-de-Fonniers débattront entre eux de la convivialité dans leur ville. André Brandt calme le jeu avec diplomatie: «Nous espérons vivement que ce premier forum sera un succès et que nous pourrons en mettre sur pied un autre à l'avenir, réunissant Loclois et Chaux-de-Fonniers.»