Visite du pape

L’œcuménisme au cœur de la visite

Les relations avec les autres Eglises chrétiennes sont au centre de la visite du pape. Les attentes sont grandes, les doutes aussi

Après Paul VI et Jean Paul II, voici que François gratifie le Conseil œcuménique des Eglises (COE) d’une visite, à l’occasion de ses 70 ans. Sous le thème «cheminer, prier et œuvrer ensemble». Si la messe est attendue comme le clou de la visite papale, c’est pourtant bien pour un autre motif que le souverain pontife se rend à Genève: les relations avec les autres Eglises chrétiennes, un thème qu’il a mis au centre de son pontificat.

Lire aussi: Un pape œcuménique à Genève

Après son arrivée et sa rencontre avec le président de la Confédération, Alain Berset, une prière œcuménique est prévue, suivie d’un premier discours du pape, puis d’un déjeuner avec les dirigeants du COE, et enfin d’une nouvelle rencontre œcuménique, et d’un second discours. «La venue du pape dans ce contexte est un événement de portée historique, estime Emmanuel Fuchs, président de l’Eglise protestante de Genève, qui sera présent à la rencontre. C’est le signe d’une reconnaissance de ce que représente le COE.»

Lire également: «La venue du pape à Genève, ce n’est pas un salon de l’auto catholique»

Quelques mots à trouver

Pourtant, l’Eglise catholique romaine n’est pas membre à part entière du COE. Lequel rassemble 350 Eglises chrétiennes du monde entier, incluant l’ensemble des courants protestants, les Eglises orthodoxes et les Anglicans. Connaissant le goût du pape pour les actions spontanées, les pronostics vont bon train. Et s’il annonçait une adhésion surprise de l’Eglise catholique au COE? Pas sûr toutefois que l’imprévisibilité du pape ne se vérifie de cette manière jeudi. Car l’Eglise catholique a un statut d’observateur très actif et collabore passablement au COE.

Le véritable enjeu, pour Blaise Menu, modérateur de la Compagnie des pasteurs et des diacres à Genève, n’est pas son statut, mais le regard qu’elle porte sur les autres religions: «Je trouve tout particulièrement dommage que la messe qui sera célébrée apparaisse vide de toute véritable référence œcuménique. La liturgie actuellement prévue n’est pas en cohérence avec le message de la journée. Pourtant, il suffirait de quelques mots bien placés...» Peut-être François saura-t-il les trouver.

Publicité