Mobilité

L’offensive pour le vélo est lancée

L’ATE souhaite populariser la petite reine en Suisse et présente ses recommandations pour mettre en œuvre l’arrêté fédéral «vélo», accepté le 23 septembre 2018

La petite reine reprend ses droits en Suisse. Lundi, l’Association transports et environnement (ATE) présentait à Berne des mesures concrètes pour passer de la parole aux actes. Une nécessité depuis que le peuple et les cantons se sont prononcés en faveur de l’inscription des pistes cyclables dans la Constitution, le 23 septembre 2018. La Confédération est dès lors chargée de cartographier et de standardiser les infrastructures cyclables.

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Mobilité active

Stéphanie Penher, la directrice de la politique des transports de l’association, explique que l’ATE souhaite faire augmenter la part des déplacements à vélo à 40% des trajets pendulaires. Alors qu’en 2015, le micro-recensement fédéral sur la mobilité et les transports indiquait que 8% des distances parcourues l’étaient à vélo ou à pied. L’ATE lance donc une «offensive» en faveur de la mobilité douce et mise sur une collaboration étroite entre Confédération, cantons et communes. Le principe est simple: des infrastructures fonctionnelles, sécurisées et bien entretenues pourraient convaincre les non-cyclistes. Et pour honorer l’effort de ceux qui ont passé le cap, il est question que la mobilité douce soit renommée mobilité active.

«Masterplan» fédéral

La mobilité douce occupe une place grandissante en Suisse. L’ATE propose un masterplan fédéral fondé sur un partage des expériences et de bons exemples. En Suisse, le «modèle bernois» est devenu une référence en matière de multimodalité, une stratégie de mobilité qui combine plusieurs moyens de transport. Parmi les bons élèves figure aussi la ville de Lausanne, qui a vu son trafic cycliste augmenter de 60% entre 2002 et 2008 après avoir investi dans un réseau de plus de 60 kilomètres de pistes cyclables.

Bientôt des cycloroutes?

Selon Ruedi Blumer, président de l’ATE, «il faut en Suisse un réseau de base pour la circulation quotidienne à vélo, reliant les principales localités entre elles, et c’est à la Confédération de le définir». Son association a imaginé un réseau de pistes cyclables comparable au réseau routier et financé à hauteur de 50% par la Confédération, qui allouera 1,8 million de francs par an à la valorisation du trafic cycliste.

Le réseau comporterait trois niveaux de chemins cyclables. Les premiers, marqués par des panneaux verts, seraient de véritables autoroutes intercommunales pour cycles. Les seconds, eux aussi indiqués par du vert, suivraient les axes principaux intracommunaux. Finalement, les itinéraires bleus permettraient de couvrir des axes secondaires au sein des communes. A ces itinéraires de cyclisme quotidien efficaces seraient accolés des itinéraires de loisir pour englober tout type de cyclisme.

L’ATE a ajouté de nombreuses recommandations techniques en matière de sécurité, d’accidentologie et de sensibilisation de la population.

Il reste à savoir si ces recommandations seront suivies à Berne et si elles inspireront les autorités fédérales pour ébaucher le cyclisme de demain.

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