Il n'est décidément plus possible d'envisager une campagne électorale sans glisser dans son programme un chapitre écolo. La droite genevoise ne fait pas exception: le PDC avait déjà fait appel à Philippe Roch, ex-directeur de l'Office fédéral de l'environnement, pour élaborer un plan d'action écologique. Les libéraux, par la voix de l'élu Renaud Gautier dans nos colonnes (lire en page 9), réaffirment aussi leur intérêt pour l'écologie. Et hier, les radicaux ont publié sur leur site internet un programme de sept pages intitulé: «L'écologie et l'économie réconciliées.» Histoire de se profiler en vue des élections fédérales.

Jacques-André Haury en gage

L'originalité des mesures radicales? «Elles visent la protection de l'environnement sans pour autant s'accompagner de hausse d'impôt», assure Bernard Favre, secrétaire général du Parti radical. «Nous souhaitons qu'à l'avenir, il soit plus avantageux de construire écologique que standard», explique le radical.

Ainsi, en matière de combustibles, le parti affirme que les logements qui s'adapteront aux normes Minergie pourront accroître leur densité habitable de 15%, et bénéficier de 50% de réduction de la valeur locative du bien immobilier pendant quinze ans. Autre mesure: les radicaux veulent rendre obligatoire dès 2010 le standard «Minergie+» dans les bâtiments administratifs neufs. La même année, l'approvisionnement électrique de ces immeubles devra se faire «à 10% par des énergies propres renouvelables».

Au chapitre de l'électricité, le parti propose, par exemple, d'interdire dès 2010 les ampoules électriques à filament, ainsi que les appareils électroménagers et hi-fi hors classe énergétique A. Et sur les carburants, il veut notamment exonérer de TVA l'achat de véhicules économes.

Ces mesures, parmi d'autres, feront sans doute débat. Tout comme les velléités vertes des radicaux. Qui affichent leurs ambitions sans complexe: ils ont invité le Vaudois Jacques-André Haury, candidat d'«écologie libérale» aux élections fédérales, à leur assemblée des délégués du 31 mai.