«L'Etat s'est enfin décidé à secouer le cocotier, c'est une bonne chose, commente Julien Wicki, le secrétaire général de la Fédération des associations d'étudiants de l'Université de Lausanne. Nous attendons maintenant, au-delà de ce coup au sommet, que la situation concrète s'améliore vraiment.»

Anne Giroud, directrice de l'Office cantonal des bourses d'études et d'apprentissage (OCBE), a été déchargée de sa fonction. Cette direction est reprise à titre provisoire par son supérieur hiérarchique, Serge Loutan, chef du Service de l'enseignement spécialisé. Celui-ci s'efforcera de prendre «dans les plus brefs délais» les mesures pour sortir l'office de son engorgement.

Critiques des étudiants

Avec cette décision, la conseillère d'Etat socialiste Anne-Catherine Lyon réagit aux graves lenteurs qui pénalisent depuis longtemps les bénéficiaires de bourses. Son Département de la formation et de la jeunesse répond aussi aux critiques de plus en plus fortes exprimées par les étudiants, leurs parents, mais aussi les autres régimes sociaux qui doivent dans certains cas pallier les déficiences de l'OCBE.

Trois cents demandes de bourses pour l'année 2005-2006 attendent encore une décision, alors qu'environ 7000 devront être traitées pour la rentrée prochaine. La situation n'a fait qu'empirer depuis trois ans, souligne Serge Loutan. Selon lui, cette dégradation n'est pas à mettre sur le compte d'une explosion du nombre de demandes, plutôt stable. En revanche, les procédures sont d'une complexité non seulement extrême, mais croissante. Il est reproché à la directrice de ne pas avoir su engager cette nécessaire simplification depuis son arrivée en 2003. Pourtant la complication des formulaires résulte vraisemblablement d'une plus grande volonté de contrôle de l'Etat, après les affaires d'aide sociale qui ont défrayé la chronique.

Anne Giroud avait été nommée à la tête de l'OCBE dans la perspective d'une révision complète des bourses, abandonnée depuis par Anne-Catherine Lyon. Ce n'est la première fois qu'elle est relevée d'une fonction à responsabilité au sein de l'Etat. Nommée en 2002 par Francine Jeanprêtre à la tête d'un Service de protection de la jeunesse secoué par une profonde crise, elle n'y était restée qu'un an.