Carte des résultats

Loi sur les armes, la carte des résultats commentée: l’âme du pays réside dans les banlieues

Le camp du oui à la modification de la loi sur les armes est très majoritaire en ville. A l’inverse, les régions les plus périphériques du pays, les plus traditionnelles, ont voté massivement non. Le commentaire des résultats détaillés par le géographe Pierre Dessemontet

La carte de la votation sur la mise en œuvre de la directive Schengen sur les armes montre une Suisse territorialement très partagée selon le clivage ville-campagne. Le camp du oui à la directive est très majoritaire en ville, là où une grande majorité de la population n’a pas grand-chose à faire avec les tirs de campagne et l’arme à la maison – ainsi les cinq grands centres à l’unisson ont passé 75% de oui. A l’inverse, les régions les plus périphériques du pays, les plus traditionnelles, ont voté massivement non, de l’Oberland bernois à la Suisse centrale, en passant par le massif du Napf – le phénomène est moins lisible en Suisse orientale. A ce front du non s’ajoute le Tessin, seul canton à refuser la loi, où il semble suffire de placer le vocable «UE» sur un bulletin de vote pour s’assurer d’un vote négatif.

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A l’exception criante du Tessin, l’arbitrage entre centres et périphérie se fait donc dans les régions périurbaines du pays, où réside la majorité de la population. Et du Léman au Bodan, les banlieues ont nettement voté en faveur du texte, se rapprochant donc plutôt des centres urbains que des périphéries, et entraînant l’acceptation de la directive par l’ensemble des cantons du nord des Alpes, jusqu’à Schwytz, Uri, et aux Rhodes-Intérieures, où les petits centres urbains font basculer leur canton. La Suisse des traditions semble donc bien repoussée, pour le coup, dans ses dernières redoutes.

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