Les récentes polémiques autour de déclarations d'imams professant en Suisse l'ont révélé: parfois, les chefs de prière ne connaissent ni la langue ni les coutumes locales. Des politiques s'en sont émus et réclament une formation académique (Le Temps du 23 novembre) ou, tout au moins, une initiation aux mœurs helvétiques. Mardi, le Blick indiquait ainsi que Christoph Blocher compte mettre «tous les imams aux cours d'allemand».

En fait, la possibilité d'exiger des cours de langue – de la région concernée – figure dans un projet de révision de l'ordonnance sur l'intégration des étrangers. Après consultation, le texte définitif sera rédigé d'ici à janvier ou février prochains, indique-t-on à l'Office fédéral de l'immigration, de l'intégration et de l'émigration (IMES). Le principe est que si la Confédération octroie des crédits, les étrangers doivent de leur côté montrer leur «volonté de s'intégrer». Ainsi, une autorisation de séjour ou de courte durée «peut être subordonnée à la fréquentation d'un cours de langue et d'intégration, dans la mesure où cette condition sert l'intérêt public». L'IMES interprète cette clause dans le sens où, par exemple, la charge exercée par le demandeur serait publique, ce qui est le cas d'un poste religieux. Les commentaires des juristes mentionnent d'ailleurs l'exemple des «assistants dans le domaine religieux ou enseignants de la langue et la culture du pays d'origine». Les critères évoqués sont le «respect de l'ordre juridique», des «règles en vue d'une cohabitation pacifique», de l'égalité des chances et celle des sexes ainsi que la tolérance «face à d'autres opinions». Ces points n'ont pas été contestés, contrairement aux dispositions sur le regroupement familial ou aux montants prévus pour les mesures d'intégration en général.