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Une initiative veut combattre le tabagisme chez les jeunes.
© MARTIN RUETSCHI/KEYSTONE

prévention

Loi sur le tabac: une initiative pour défier le parlement

Le monde de la prévention fait appel au peuple pour interdire toute forme de publicité s’adressant aux jeunes

Les milieux de la santé ne font plus confiance au parlement pour combattre le tabagisme chez les jeunes. Quelques jours avant que ne prenne fin la procédure de consultation sur la nouvelle mouture de la loi fédérale sur les produits du tabac, ils lancent une initiative visant à interdire toute forme de publicité touchant les jeunes, qui sont 57% à commencer à fumer dès l’adolescence. Entre le monde de la prévention et l’industrie du tabac, qui a fait plier les deux Chambres du parlement en 2016, la bataille s’annonce passionnelle, et la future votation devrait être très ouverte.

Ce n’est pas nouveau, c’est même inscrit en gras sur tous les paquets de cigarettes: «Fumer tue.» Le tabagisme est même la première cause de mortalité en Suisse: sur un total de deux millions de fumeurs, entre 9000 et 10 000 – soit 25 par jour – décèdent prématurément chaque année. «Neuf cancers sur dix sont directement imputables au tabac, mais les décideurs persistent à ignorer ses risques», s’est offusqué le docteur Gilbert Zulian, président de la Ligue suisse contre le cancer.

Le peuple à la rescousse

Face à l’industrie du tabac, qui vise d’abord ce jeune public, les milieux de la santé ont serré les rangs comme jamais. Pas moins d’une trentaine d’organisations – dont la Fédération des médecins suisses (FMH), l’Alliance pour la santé en Suisse, les médecins de famille, les pneumologues, les pharmaciens et autres droguistes – soutiennent la démarche.

Le seul politicien présent en conférence de presse, le Biennois Hans Stöckli (PS/BE), a instamment demandé que l’on oublie son titre de sénateur. «Nous n’avons volontairement pas soumis le texte de cette initiative aux partis politiques», dit celui qui a pris la tête de l’association pilotant l’initiative. Un clair signal de défiance envers les deux Chambres. En 2016, le Conseil national et le Conseil des Etats avaient renvoyé un premier projet de loi d’Alain Berset à son expéditeur.

Il faut arrêter d’enfumer l’esprit critique des jeunes en associant le tabac à des notions positives comme la liberté et l’émancipation

Marcel Mesnil, secrétaire général de la Société suisse des pharmaciens

En décembre dernier, le Conseil fédéral n’a pu qu’écouter le message émis par le législateur. La mort dans l’âme, le conseiller fédéral socialiste est revenu avec un projet minimaliste. De nombreuses mesures ont été abandonnées dans le domaine de la publicité. C’est ainsi que les interdictions qui étaient à l’origine prévues dans les cinémas, sur les affiches et dans la presse payante ont été biffées. Seule la prohibition dans les journaux gratuits a été maintenue.

Les milieux de la prévention ont ainsi décidé d’en appeler au peuple, dont on sait qu’il s’est montré par le passé moins timoré que le monde politique sur ce thème. «Il faut arrêter d’enfumer l’esprit critique des jeunes en associant le tabac à des notions positives comme la liberté et l’émancipation», a déclaré Marcel Mesnil, le secrétaire général de la Société suisse des pharmaciens. Quant au président de la FMH, Jürg Schlup, il a rappelé les énormes coûts sociaux du tabac, estimés au total à plusieurs milliards de francs par an. «Selon une étude du bureau BASS, il y aurait un potentiel d’économies chiffré à 1 milliard de francs par année sur les coûts directs de la santé en cas d’interdiction de la publicité. C’est deux fois plus que ce qu’on attend de la révision du tarif TarMed pour 2018», s’est-il exclamé.

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