Entre les centres urbains neuchâtelois et le Conseil d'Etat, les divergences concernant la réforme de la police ne datent pas d'hier. Après avoir laissé traîner le dossier plusieurs années, Monika Dusong a profité de l'Exposition nationale pour donner un coup d'accélérateur à la modernisation de l'institution. Las. Attaché à sa police, l'exécutif de Neuchâtel, soutenu par celui de La Chaux-de-Fonds et du Locle, a rejeté l'idée de reconduire l'expérience de brigades mixtes. Les raisons? «Le refus de payer pour une police qui ne leur appartiendrait plus», ou encore pour «garder une nécessaire proximité avec la population».

Difficile, dans ces conditions, de croire que les trois villes acceptent de céder du terrain. Au risque – «assumé», dixit Antoine Grandjean – que leurs conseillers communaux passent, dans le grand public, pour des politiciens plus intéressés par leur avenir et par celui de leur dicastère que par les attentes de la population. Un pied de nez de plus dans un canton où le Conseil général (législatif) des deux principales villes a choisi, le mois dernier, de continuer à élire lui-même l'exécutif. Une décision en contradiction avec l'esprit de la nouvelle Constitution, qui propose de renforcer les droits populaires afin d'assurer «un supplément de légitimité» aux autorités.