Il tremble, se ratatine et marmonne des propos presque inaudibles. «C’est difficile pour moi de m’exprimer, car j’ai honte», précise Henri* à l’intention du président du Tribunal correctionnel de Genève. Le prévenu, 35 ans, reconnaît avoir pratiqué des attouchements sur une vingtaine de fillettes alors qu’il était moniteur dans les camps de vacances de Caritas Jeunesse. Il admet aussi avoir filmé les abus et partagé ces images sur le darknet en usant de plusieurs pseudonymes, dont celui de «Lolilover». Des actes qu’il n’arrive toujours pas à expliquer. «J’ai du mal à comprendre mes pulsions.»

Début 2018, les déclarations d’une enfant mettent fin à huit années de dérive. Interpellé, Henri, défendu par Me Guillaume de Candolle, se met assez vite à table et révèle des faits d’une ampleur insoupçonnée. La saisie de son matériel informatique joue un rôle dans les aveux. «Je savais qu’il y avait encore des choses compromettantes mais parler de mes difficultés était aussi une forme de libération. C’était l’occasion d’avancer et de permettre aux familles de savoir ce qui s’était passé.»