Union Européenne

Pourquoi Londres freine le dossier suisse

Le mandat de négociations pour rénover les relations bilatérales agendé à fin avril

Pourquoi Londres freine le dossier suisse

Europe Mandat agendé à fin avril

Londres n’est pas opposé à un compromis entre la Suisse et la Croatie sur la libre circulation des per­sonnes. Il n’entend pas non plus faire obstruction à l’octroi d’un mandat de négociations pour rénover les relations institutionnelles entre l’Union européenne (UE) et la Suisse.

C’est ce que jure un diplomate britannique au lendemain de la réunion du groupe de travail UE-AELE lors de laquelle seul le représentant de la Grande-Bretagne a exigé un report du dossier à la prochaine réunion. «La libre circulation est une question politique sensible chez nous; c’est normal que le Foreign Office soit au fait des derniers amendements apportés au projet de compromis, poursuit-il. Notre demande n’a rien à voir avec les relations Suisse - Royaume-Uni, mais plutôt avec la libre circulation des personnes au sein de l’UE.»

Le gouvernement de David Cameron est très tatillon d’une part sur l’immigration et, d’autre part, sur ses propres relations avec l’Union. Chaque décision liée à ces sujets fait l’objet de larges consultations. Selon un observateur, l’approche des législatives et la montée du courant euro­sceptique au détriment du Parti conservateur poussent le gouvernement à radicaliser ses positions.

Rôle d’équilibriste

A la réunion de mardi, l’ambiance était tendue, rapporte un diplomate. Parmi les 28 pays membres de l’UE, un premier camp a tenu une ligne dure contre la décision de la Suisse d’adopter des quotas. L’autre s’est montré conciliant. «La Grèce, qui assume la présidence tournante de l’UE, a joué le rôle d’équilibriste, dit-il. Le texte de compromis reconnaît le vote populaire du 9 février, mais engage la Suisse à respecter la libre circulation.» Le sujet sera remis à l’agenda lors de la prochaine réunion du groupe de travail UE-AELE, le 29 avril. Une fois le feu vert acquis, le Coreper (Conseil des ambassadeurs) du 30 avril pourrait approuver le mandat de négociations. Le Conseil fédéral l’a déjà fait en décembre.

En visite en Suisse mercredi, le président de la Commission des affaires étrangères du Parlement européen, Elmar Brok, s’est montré optimiste sur l’avenir des relations bilatérales et a affirmé que «le dernier obstacle, par rapport au mandat, pourra être surmonté très prochainement».

Pour rappel, ce n’est pas la première fois que le Royaume-Uni a freiné le dossier. En janvier, un compromis était à bout touchant lorsqu’il avait soulevé une question sur la nature d’un éventuel accord. Londres était partisan d’un accord mixte, ce qui implique un long processus de ratification par la Suisse et individuellement par les 28 Etats membres de l’UE, chacun détenant ainsi un pouvoir de blocage.

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