La fermeture des bars et des restaurants risque d’être maintenue par le Conseil fédéral jusqu’à la fin février. Une telle prolongation sur le mois des vacances de Carnaval jette une nouvelle ombre sur les stations de sports d’hiver, déjà fragilisées par les conséquences de la pandémie. «C’est évident, une telle restriction diminue la fréquentation de nos installations, s’inquiète Pascal Bourquin, directeur des Remontées mécaniques Grimentz-Zinal. C’était moins le cas il y a trente ans, mais aujourd’hui la restauration fait partie intégrante de l’offre.»

Pour le Valaisan, il ne fait aucun doute, par exemple, que les skieurs les plus âgés hésiteront à venir s’il n’y a aucune possibilité de s’asseoir un moment pour manger ou boire sur le domaine skiable. Sans oublier les pertes de chiffre d’affaires pour une société comme la sienne, qui gère sept établissements d’altitude. «Durant les Fêtes, le passage d’une restauration assise à un système de take-away nous a fait perdre 70% de recettes dans ce secteur d’activité», constate Pascal Bourquin.

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«Envie de montagne»

Du côté des Alpes vaudoises, Sergei Aschwanden, directeur de l’Office du tourisme de Villars, nuance. Pour lui, une fermeture des restaurants n’impactera que modérément le nombre de touristes en février. «Vu la crise, les gens auront d’autant plus envie de grand air, de montagne et de ski, pense l’ancien judoka. Les gens mangeront au chalet ou dans les hôtels.» Par contre, il prédit des conséquences «désastreuses» pour le secteur de la restauration, même si l’exception vaudoise, permettant aux restaurants d’altitude de demeurer ouverts entre Noël et Nouvel An, a apporté quelques recettes.

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«Les effets seront variables selon le lieu», confirme le consultant genevois Laurent Vanat, spécialiste du domaine des stations de montagne. Il détaille: «Les stations de proximité, à l’image de celle des Bugnenets-Savagnières dans le massif jurassien, ne seront que peu touchées. La clientèle est essentiellement régionale. Elle viendra skier, même si les restaurants demeurent fermés.» Pour lui, la situation est plus délicate pour les stations comme Verbier et Zermatt, où les touristes recherchent également l’ambiance des terrasses sur les pistes et des bars d’après-ski.

Les restrictions de voyage

Reste que pour Laurent Vanat, ces grandes stations auront d’autres sources d’inquiétudes que la restauration, qui n’est selon lui pas la variable principale. «L’un des grands problèmes réside dans les restrictions de voyage pour les étrangers, précise-t-il. On l’a vu à Noël, avec la suppression des vols depuis le Royaume-Uni ou la mise en quarantaine des Français.» Selon le consultant enfin, l’une des difficultés pour les stations est d’anticiper une saison dans un contexte si instable, où les mesures sanitaires peuvent changer d’un jour à l’autre.

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