Justice

La longue dérive financière d’un notable genevois

Renaud Gautier, figure politique cantonale, comparaît devant les juges pour des malversations financières commises en sa qualité de gérant de fortune et de président de la Fondation pour l’agrandissement du MAH. Récit de cette première journée d’audience

C’est un nouveau coup de massue pour Genève. Une figure historique de la politique cantonale comparaît depuis lundi devant le Tribunal correctionnel pour répondre d’escroquerie, abus de confiance, gestion déloyale et faux dans les titres. Renaud Gautier, 67 ans, ancien président du Grand Conseil, député libéral treize années durant, esprit libre et frondeur, est principalement accusé d’avoir siphonné la fortune de feu sa tante, d’avoir géré de manière trop risquée l’argent de ses cousins et de s’être servi sur les comptes de la Fondation pour l’agrandissement du MAH. Instruite depuis cinq ans, cette affaire éclate pour la première fois au grand jour à l’occasion de ce procès.

Un grand néant

Le 13 novembre 2014, la République découvrait avec stupeur la lettre de démission de ce dinosaure du parlement, pilier de sa Commission des finances et leader inspiré de sa Commission des visiteurs de prison. Il y évoquait des soucis de santé et une période de grand surmenage. Renaud Gautier était alors interné dans une clinique en raison d’une décompensation psychique avec risque suicidaire et – ce que tout le monde ignorait – s’était déjà dénoncé lui-même à la justice pour des détournements commis en sa qualité de gérant de fortune indépendant.