Un premier groupe de cinq volontaires suisses devant servir dans le corps de police civile internationale (Civpol) au Kosovo a annulé les préparatifs de son départ, a-t-on appris mardi. Leur départ a été reporté au 9 août, en même temps que celui d'un second groupe de policiers et gardes-frontière suisses, au nombre de cinq également, a indiqué Jean-Pierre Werder, du bureau des affaires internationales à l'Administration fédérale des douanes. Les deux policiers et huit gardes-frontière suisses ont terminé leur formation vendredi dernier.

C'est précisément vendredi que l'ONU, chargée de la mission de paix au Kosovo (Minuk) et responsable de la Civpol, a informé Berne qu'elle n'était pas en mesure d'accueillir cette semaine les volontaires helvétiques. «Ce n'est pas grave, estime Jean-Pierre Werder, il faut savoir, dans cette affaire, faire fi du perfectionnisme suisse.»

Le fonctionnaire ne s'offusque pas de la décision de l'ONU: «Cela signifie qu'elle prend sa tâche au sérieux et préfère s'assurer d'abord des conditions d'accueil et de travail de la Civpol, dit-il. Elle prend soin aussi, et c'est très bien, d'examiner les curriculum vitae des gens que nous envoyons afin de les affecter aux postes qui conviennent à leur savoir-faire.»

Langue de bois? Un flou entoure la tâche exacte qui sera confiée aux volontaires suisses et le lieu de leur affectation. Il est difficile d'établir le partage des responsabilités entre l'ONU et Berne. La Suisse ignore encore qui paiera le transport aérien des policiers et gardes-frontière. A cette inconnue s'ajoute le problème posé par les réservations de places dans les avions. Les vols vers Skopje, en Macédoine, sont pleins. Il faut s'y prendre à l'avance pour trouver des sièges. Jean-Pierre Werder affirme que la Suisse n'a procédé à aucune réservation en prévision du départ du premier groupe de volontaires. Sur place, en revanche, les Nations Unies sont censées prendre en charge le financement de la Civpol.

Mais les Suisses ne partiront pas sans argent. Jean-Pierre Werder tait le montant qui leur sera alloué et qui doit subvenir à leur installation. Equipés de sacs de couchage militaires et de gamelles, non armés, les volontaires helvétiques s'apprêtent à vivre une aventure. La Civpol, dont les effectifs devraient s'élever à 3000 hommes, a pour mandat le maintien de l'ordre, la mise sur pied d'organes de police locaux et la surveillance de leurs activités. Elle doit également aider à la promotion du respect des droits de l'homme et soutenir le Tribunal pénal international dans ses enquêtes sur les crimes de guerre.