Valais

Lonza paie 47,5 millions de francs pour mettre fin à la polémique du mercure

Une convention clôt le débat sur les responsabilités de la plus importante pollution au mercure de l’histoire du pays. Lonza financera plus de 93% des coûts d’assainissement des terrains, estimés à 51 millions de francs. L’Etat du Valais et les communes paieront 3,5 millions de francs

Côte à côte, Jacques Melly et Rolf Soiron sourient. Ce lundi, le ministre valaisan de l’Environnement et le président du conseil d’administration de Lonza annoncent la signature d’une convention qui met fin à six ans de débats sur les responsabilités de la plus importante pollution au mercure du pays. Elle semble favorable aux contribuables. Dans la maison de commune de Viège, «très satisfait», le conseiller d’Etat salue «un bel alignement des planètes».

Signé la semaine dernière, l’accord définit la répartition des frais d’assainissement des terrains pollués, estimés à 51 millions de francs. Le géant de l’industrie chimique et pharmaceutique déboursera 47,5 millions de francs, soit 93,57% de la facture. Le canton et les quatre communes concernées assumeront le solde, soit 3,5 millions de francs au maximum. Pour Rolf Soiron, «nous surmontons notre passé industriel et nous pouvons regarder vers l’avenir».

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Installée à Viège depuis 1909 et premier employeur de la région, Lonza a avoué avoir rejeté entre 50 et 60 tonnes de mercure dans le canal qui longe ses infrastructures, entre 1930 et 1976. Les sédiments pollués ont ensuite été dispersés dans la région. Depuis 2011 et la découverte de mercure sur le chantier de l’autoroute du Haut-Valais, la question des responsabilités et donc de la répartition des coûts d’assainissement agite le canton.

Les responsabilités ne seront jamais définies

Après plusieurs années de discrètes négociations, les collectivités publiques et l’entreprise ont finalement choisi régler le problème à l’amiable. Le conseiller d’Etat démocrate-chrétien Jacques Melly remporte une victoire dans un dossier très sensible. Interrogé sur les responsabilités historiques du canton, il s’agace: «Nous avons trouvé une solution pour économiser du temps et de l’argent, et nous ne cherchons pas plus loin pour désigner des coupables.»

Nous ne voulons pas entrer dans une recherche pénible pour déterminer qui a fait quoi il y a plusieurs dizaines d’années

L’air un peu lassé, Rolf Soiron acquiesce: «Avec cette convention, nous souhaitons mettre fin à ces discussions qui n’apportent rien.» Il insiste: «Même si Lonza a toujours agi selon le droit en vigueur et les instructions des autorités en place, nous assumons nos responsabilités en finançant la majeure partie des frais d’assainissement et nous ne voulons pas entrer dans une recherche pénible pour déterminer qui a fait quoi il y a plusieurs dizaines d’années.»

Le mois dernier, la justice obligeait l’administration à publier un rapport qui évoquait les responsabilités de chacun dans cette affaire. Pour le président du conseil d’administration, qui souhaite manifestement mettre un terme à une vieille polémique, «l’atmosphère du canton et les relations qui lient notre entreprise à l’Etat valent bien cet investissement». Les 47,5 millions de francs promis par la société ont déjà été versés ou provisionnés.

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Les travaux ont débuté en novembre

Jusqu’ici, la société préfinançait les travaux d’investigation, tout en contestant une part des responsabilités. Au final, en plus des montants voués au remplacement des sols, elle assumera 10% des assainissements nécessaires sur le chantier de l’autoroute ainsi que les éventuels coûts supplémentaires de l’opération. Pour Rolf Soiron, «les estimations des experts sont très précises et l’entreprise peut supporter ce risque».

Les travaux ont débuté le 22 novembre. Dans les trois prochaines années, une centaine de terrains seront assainis à Viège et à Rarogne et 145 parcelles feront l’objet d’investigations complémentaires. En février dernier, Lonza avait communiqué la somme de 290 millions de francs d’investissements pour créer 200 places de travail sur le site de Viège, où elle emploie déjà 2700 collaborateurs.

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