Politique

L'«Opération Libéro» se poursuit en Suisse romande

Le pendant romand du groupe alémanique «Opération Libéro» s’est réuni mardi soir à Genève. L’objectif est de doter la Suisse francophone d’une voix prônant les valeurs d’ouverture du pays

«Opération Libéro», le mouvement alémanique progressiste qui commence à bouleverser le paysage politique du pays, fait des petits en Suisse romande. Le groupe né de la révolte d’une poignée d’étudiants suite à la victoire dans les urnes, le 9 février 2014, de l’initiative de l’UDC contre l’immigration, a donné envie à un comité exploratoire de se réunir et de penser la Suisse francophone différemment. Mardi soir, dans un bar genevois du quartier de la Jonction, une trentaine de membres étaient attendus. Le poids est différent de son pendant qui compte déjà un millier de membres germanophones, mais les idées sont les mêmes.

Pas de clivage gauche-droite

«Nous sommes avant tout un mouvement de défense des valeurs de tolérance et d’ouverture internationale face à l’accroissement des pressions populistes de tout bord», explique le jeune trentenaire Cenni Najy, l’un des figures du comité. Pas de clivage gauche-droite, donc, au sein de ce groupe qui classe ses adversaires par rapport à leurs idées d’ouverture et de fermeture. Ici on se bat pour préserver les accords bilatéraux en général et garantir une politique d’ouverture migratoire.

Leur invitée spéciale, mardi, était la conseillère nationale genevoise Lisa Mazzone. «J’aime bien ce groupe qui a un discours progressiste et réunit les jeunes hors du clivage des partis. Ils ne lancent pas eux-mêmes d’initiatives, mais agissent en bouclier contre le repli et ceux qui le prônent. Un tel groupe trouvera-t-il sa place en Suisse romande? La jeune écologiste en est convaincue. «Il jouera certainement un rôle important lors de la campagne sur l’initiative de l’UDC sur l’autodétermination».

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Jérémie Juvet, 27 ans, est une autre figure du comité exploratoire de ce Libéro à la sauce romande. Il ne voit pas de röstigraben dans les objets politiques qu’il défend. «S’il y a un mouvement de repli identitaire dans le pays, on le trouve aussi de ce côté-ci de la Sarine». Sa conception de la Suisse francophone, explique-t-il, est ouverte et solidaire. «J’ai grandi à Genève et j’ai profité de son climat international. Cette ouverture est aujourd’hui menacée par des propos conservateurs ou régressifs que je combattrai.»

Ce mouvement francophone en est encore à ses prémices. Le temps dira si la transposition de la recette alémanique prendra de ce côté de la frontière linguistique.

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