Retraites

L’opposition à la réforme de la prévoyance vieillesse viendra des syndicats et de la gauche

Le référendum contre la réforme des rentes a été déposé jeudi à la Chancellerie. Le 24 septembre, les Suisses répondront à deux questions sur le même sujet

Mission accomplie pour les mouvements syndicaux et de gauche. Leur référendum contre la réforme de la prévoyance vieillesse a été déposé jeudi à la Chancellerie fédérale. Plus de 70 000 signatures ont été récoltées, majoritairement en Suisse romande. Les citoyens suisses devront dès lors répondre à deux questions lors de la votation du 24 septembre prochain.

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La réforme comprend de multiples volets, parmi lesquels l’attribution de 0,6% de TVA au fonds AVS. Comme le pourcentage de TVA est inscrit dans la Constitution, les citoyens doivent obligatoirement se prononcer. Le parlement ayant lié ce transfert à la concrétisation du projet, c’est tout ou rien. Le PLR, l’UDC et les grandes organisations patronales suisses vont faire campagne contre tandis que le PDC, le PS et les faîtières syndicales soutiennent la réforme.

Allonger la durée de l’activité professionnelle ne peut pas être un projet syndical

Michela Bovolenta, membre du comité référendaire

Un référendum n’était pas nécessaire. Certains syndicalistes, la Jeunesse socialiste et des mouvements de gauche entendent néanmoins se démarquer dans le débat. Ils ont lancé le référendum pour mettre l’accent sur d’autres aspects de la réforme, comme l’augmentation d’une année de l’âge de la retraite des femmes et la hausse des cotisations. «Il s’agit de la mesure principale et elle est complètement minimisée», estime Michela Bovolenta, du comité référendaire. Pour elle, «allonger la durée de l’activité professionnelle ne peut pas être un projet syndical». Pour Agostino Soldini, secrétaire central du Syndicat des services publics, le cœur du projet, c’est l’âge de la retraite. «Ce référendum est nécessaire. Il permet d’en parler. Sinon, le débat se focaliserait sur d’autres considérations, d’ordre financier.»

Des chances de se faire entendre en Suisse romande

Les référendaires n’ont pas de plan B. Ils préfèrent le statu quo. «Les rapports de force ne jouent pas en notre faveur. Nous ne sommes pas dans une situation où nous pouvons obtenir de grandes avancées sociales. Par contre, nous pouvons empêcher de reculer», explique encore Agostino Soldini, qui assume la «logique défensive» de ce combat. Et il estime que «la théorie du désastre si la réforme est refusée le 24 septembre est un chantage médiatique».

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La campagne pour la votation va s’allumer après la pause estivale. Agostino Soldini pense qu’en Suisse romande les référendaires pourront se faire entendre. Le PLR, opposé à la réforme mais pour d’autres raisons, a effectivement d’autres chats à fouetter: la succession de Didier Burkhalter au Conseil fédéral.

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