Les enfants ont toujours davantage leur mot à dire dans les familles, à l’école ou au niveau communal. Leur droit de participation est toutefois influencé par les adultes: entre eux, les enfants cherchent souvent un consensus. Si un adulte entre en jeu, on procède à un vote.

Comparée à celle menée en 2003, l’étude observe une hausse de certaines valeurs. Dans différents domaines de la vie des enfants et des jeunes, il est devenu normal de solliciter l’avis des enfants et de les associer aux décisions.

Toutefois, «adultes et enfants ont une conception différente de la participation», conclut l’étude réalisée par l’Institut de sciences de l’éducation de l’Université de Zurich. Sur mandat de l’Unicef, celui-ci s’est penché sur la participation des enfants et des jeunes à l’école, dans les familles et les communes à l’occasion des 25 ans de la Convention de l’ONU sur les droits des enfants.

Décisions individuelles

La participation la plus élevée a lieu au sein de la famille, montre un sondage mené auprès de 5500 élèves de primaire et de secondaire. Une importance élevée est accordée à des décisions individuelles, comme passer la nuit chez un camarade, l’aménagement de sa chambre, le choix d’une activité sportive ou la composition des repas.

Pour des sujets plus généralement familiaux comme la destination de vacances ou la détention d’un animal de compagnie, les adultes laissent moins de libertés. Les parents prennent certes au sérieux les souhaits ou besoins des jeunes, mais la décision finale leur revient.

Dans le domaine scolaire, les enfants et les jeunes voient peu d’espace vraiment participatif et perçoivent surtout les adultes comme des instances de décision. La participation concerne surtout les fêtes scolaires, journées sportives ou semaines hors-cadre, ce qui est ressenti comme limitatif.

Pression du temps

Même si tous les acteurs souhaitent respecter la vision des jeunes, la pression du temps limite les possibilités, par exemple lorsqu’un conseil d’élèves n’est autorisé à siéger que pendant une leçon précisément.

«Un cadre fixé par des adultes peut conduire à ce qu’une soi-disant participation ne le soit finalement qu’en apparence. Les enfants et les jeunes le perçoivent», poursuivent les auteurs.

Cette tendance à la mise en scène pourrait expliquer pourquoi les enfants, plus ils grandissent, se voient de moins en moins comme des sujets participatifs dans les domaines scolaire et communal.

Au niveau de la commune, les enfants et les jeunes peuvent participer de manière plus importante qu’il y a dix ans. Mais parmi tous les domaines de la vie pris en considération, c’est là qu’ils participent le moins.

Dans la plupart des cas, aucune participation n’est prévue au niveau communal. Si oui, elle a souvent lieu sous forme de projets accompagnés pédagogiquement, tels que les parlements de jeunes. Or, là aussi, les enfants obéissent à des règles d’adultes, avec des structures et des procédures d’adultes.

Structures différentes

«Les enfants sont différents, ils surprennent, décident parfois très vite et parfois très lentement. Ils possèdent des processus décisionnels bien à eux», a expliqué Elsbeth Müller, directrice générale d’Unicef Suisse.

Alors que les adultes ont tendance à demander aux enfants de choisir et de voter, on a observé chez ces derniers que les décisions entre pairs avaient plutôt lieu par une recherche de consensus, par la négociation, le tirage au sort et des techniques de jeu («papier - caillou - ciseaux»).

Si l’on réussit à susciter leur intérêt, les jeunes participent très activement, relève encore l’étude. Le type d’éducation et le climat social qui règnent dans la famille, à l’école et dans la commune jouent évidemment un rôle déterminant.

Le travail d’animation et les activités de jeunesse du quartier peuvent apporter une contribution importante et recèlent un potentiel non négligeable. Un point essentiel est que les jeunes fassent l’expérience que leur participation a un certain effet sur la planification et l’aménagement de leur environnement direct.

Pour Unicef Suisse, l’étude montre notamment que les adultes impliqués doivent dégager du temps, faire preuve de patience et être prêts à modifier leur manière de voir.