L’affaire des otages suisses retenus en Libye depuis le 19 juillet 2008 a connu un épisode positif pour la première fois depuis de nombreux mois. La Cour d’appel de Tripoli a innocenté dimanche Rachid Hamdani de l’accusation de «séjour illégal» et annulé la condamnation à seize mois de prison qui lui avait été infligée. Le second otage, Max Göldi, connaîtra pour sa part le verdict de la Cour d’appel le concernant pour le même chef d’accusation jeudi. Ce verdict est «la meilleure nouvelle venue de Libye depuis longtemps», a déclaré à l’ATS Daniel Graf, porte-parole d’Amnesty International.

«Vers une solution judiciaire»

La comparution des otages, qui avaient précédemment refusé à trois reprises d’assister aux audiences de peur d’être empêchés de regagner l’ambassade de Suisse, a accéléré les choses et permis de sortir des reports en série, commente pour sa part Hasni Abidi. Pour le directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen de Genève, la comparution des deux Suisses représentait un geste positif qui appelait une contrepartie de la part des Libyens.

Théoriquement, la Cour d’appel devrait trancher de la même façon en ce qui concerne le deuxième otage, Max Göldi. De même, toujours théoriquement, s’il n’y a pas séjour illégal, il n’y a pas fraude fiscale, et le deuxième chef d’accusation devrait également tomber. «Si tout va bien, on s’achemine donc vers une solution dans la voie judiciaire et il restera à concrétiser la sortie de crise sur le plan politique», observe Hasni Abidi.

La médiation allemande a été confirmée ce week-end. Micheline Calmy-Rey a déclaré que les deux otages suisses avaient reçu la garantie de pouvoir regagner l’ambassade à l’issue de leur comparution et avaient été accompagnés au tribunal par des diplomates européens. L’UE, précise Hasni Abidi, a intérêt à un apaisement de la crise. Les mesures prises dans le cadre de Schengen pour limiter l’octroi de visas aux ressortissants libyens ont en effet entraîné des menaces de rétorsion de la part de Tripoli pour l’octroi de visas aux Européens qui menacent de nuire aux relations économiques.