«Je vais bien, je vais à nouveau bien», a-t-elle déclaré à la correspondante de l’ATS sur place, peu avant son audience avec le président. «Je suis heureuse, mais j’attends mon mari. C’était très difficile», a-t-elle ajouté.

Elle était en compagnie de l’ex-otage allemande de 77 ans et de trois représentants diplomatiques suisses. Le président malien a accueilli personnellement les deux femmes, juste après s’être entretenu avec les deux diplomates canadiens, libérés eux aussi mercredi.

La Suissesse a remercié le président et lui a demandé des nouvelles de son mari, toujours détenu par les ravisseurs. Lui serrant la main, Ahmadou Toumani Touré a voulu la rassurer: «Je pense que le plus urgent, c’était vous», a-t-il déclaré. «Votre mari, nous ne l’oublierons pas.» Merci au Burkina Faso

Au sortir de la rencontre, l’envoyé spécial de Berne Jean-Luc Virchaux a remercié officiellement le gouvernement du Mali. Il a souligné l’entière confiance de la Suisse dans l’action des autorités maliennes.

Le président Toumani Touré s’est dit «fier d’avoir participé et réussi la libération des otages.» Il a également remercié le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, d’avoir œuvré avec le Mali dans cette crise.

Rapatriement repoussé

Il a par ailleurs souligné les «menaces réelles» qui pèsent sur la zone frontalière de son pays avec le Niger. «Nous devons nous engager pour libérer les otages, mais aussi pour que cette zone cesse d’être une menace permanente», a-t-il déclaré.

Initialement prévu jeudi, le rapatriement des ex-otages a semble- t-il été repoussé. Un porte-parole de la présidence a déclaré jeudi soir à l’ATS que «le départ n’était pas pour ce soir.»

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’est lui aussi félicité de la libération des quatre otages. Il a salué les efforts de médiation des autorités du Mali, du Burkina Faso et du Niger.

Deux touristes, un Suisse et un Anglais, sont toujours détenus par la branche nord-africaine d’Al-Qaïda. Ils ont été enlevés le 22 janvier à la frontière entre le Mali et le Niger, en même temps que les deux femmes libérées mercredi.

Les deux diplomates canadiens - l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU, Robert Fowler, et son assistant Louis Guay - avaient été enlevés en décembre à l’ouest de la capitale du Niger, Niamey.