Les partisans de la baisse du taux de conversion LPP soumise au vote le 7 mars ont du souci à se faire: si le scrutin avait eu lieu dimanche dernier, les opposants l’auraient emporté par 40% des voix, selon un sondage Demoscope. Le pourcentage d’indécis est très élevé (39%). Seuls 12% des personnes interrogées se sont dites favorables à une adaptation des rentes, indiquent jeudi l’Union syndicale suisse et Unia, les commanditaires de l’enquête. Cette dernière a été menée entre le 25 janvier et le 1er février auprès de 1002 citoyens émanant de toute la Suisse sauf du Tessin. La marge d’erreur est de +/- 3,1%.

Le «non» l’emporte à 49% chez les sympathisants du PSS, 46% chez les Verts, 42% au PDC, 41% à l’UDC et 40% parmi les proches du PLR. L’indécision est plus marquée chez les francophones et les femmes et surtout les moins de 35 ans.

Les prises de position se sont multipliées jeudi. Outre l’allongement de l’espérance de vie, le comité «pour des rentes du 2e pilier sûres et équitables» a justifié la nécessité de réduire le taux de conversion de 7 à 6,4% par l’évolution récente des placements financiers. «Les caisses de pension ne sont pas des casinos: elles ne doivent pas spéculer sur les avoirs de la prévoyance professionnelle afin de financer des rentes non couvertes», a-t-il fait valoir jeudi à Berne.

Le défaut de financement du 2e pilier atteint actuellement quelque 600 millions de francs, d’après les calculs du chef actuaire de l’Association suisse d’assurances Marc Chuard. Vu l’augmentation du nombre de retraités, le trou se creuse chaque année de 15 millions supplémentaires, soit un déficit de 900 millions dans 20 ans.

La droite n’est pas unie sur le sujet. Le Parti libéral-radical jurassien (PLRJ) a laissé la liberté de vote à ses membres, dérogeant ainsi au mot d’ordre du PLR Suisse qui recommande d’accepter cet objet. Par ailleurs, au PDC, les sections cantonales genevoise, zurichoise et soleuroise recommandent le non tout comme les sections cantonales de St-Gall et d’Obwald pour l’UDC.

A gauche, un comité regroupant jeunes et vieux a critiqué le projet en votation, lequel ne vise pas à instaurer une meilleure égalité mais, selon lui, menace les futures rentes des jeunes.