Lucerne ne veut plus de réfugiés érythréens

Asile Missive adressée au Conseil fédéral

Le gouvernement lucernois s’en prend à son tour aux requérants d’asile érythréens. Il a envoyé mardi une lettre à la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga pour dénoncer une politique d’asile «trop généreuse» en leur faveur.

La missive n’évoque pas les expertises de l’ONU ni le dernier rapport de Secrétariat d’Etat aux migrations sur la dureté du régime, les emprisonnements arbitraires et les disparitions en Erythrée.

Sous la plume du conseiller d’Etat PDC chargé des affaires sociales, Guido Graf, le canton s’inquiète de la «hausse massive» du nombre de requérants et se fait l’écho des accusations déjà proférées par l’UDC contre les Erythréens.

Lucerne estime que le service militaire obligatoire et la situation économique difficile dans ce pays ne justifient pas l’octroi du statut de réfugié. «L’exile massif est encouragé par notre pratique d’asile trop généreuse», juge-t-il dans ce courrier posté sur son site internet.

En juin, 122 des 167 requérants accueillis dans le canton provenaient d’Erythrée. Le gouvernement demande à Simonetta ­Sommaruga de «vérifier si ces res­sortissants sont vraiment en danger quand ils retournent dans leur pays. Si cette menace est confirmée, elle pourrait être un motif d’admission provisoire. Nous considérons que la pratique actuelle d’octroi du statut de réfugié à des personnes qui ne sont pas menacées dans leur intégrité physique au moment de leur fuite est fausse.»

Mineurs non accompagnés

Il dénonce également le nombre important de mineurs non accompagnés en provenance d’Erythrée. «C’est pour nous la preuve qu’ils quittent leur pays pour des considérations économiques, et non pour des motifs de menaces imminentes.» La lettre expose les difficultés à loger ces enfants et réclame un dédommagement plus important de la part de la Confédération.

Le président du gouvernement schwyzois, Andreas Barraud (UDC), fustige, lui aussi, la politique d’asile de la Suisse dans un interview donné mercredi à la Boten der Urschweiz , rapporte l’ATS .