Le parlement lucernois veut que l'anglais et le français continuent d'être enseignés à l'école primaire. Lundi, il a rejeté par 72 voix contre 42 l'initiative pour «une seule langue étrangère à l'école primaire». Le peuple aura le dernier mot, probablement en septembre.

L'initiative exige qu'une seule langue étrangère soit enseignée à l'école primaire, ce qui nécessite une révision de la loi scolaire. Actuellement, à Lucerne, l'anglais est enseigné dès la 3e année primaire et le français dès la 5e.

Le parlement a rejeté l'initiative car elle est en contradiction avec l'harmonisation scolaire dans l'ensemble de la Suisse. De plus, le texte ne précise pas quelle langue devrait être enseignée. Le législatif estime aussi qu'il faut éviter une nouvelle réforme scolaire, inévitable en cas d'acceptation de l'initiative. Seul le groupe UDC a voté en bloc pour l'initiative.

La loi sur l'harmonisation scolaire prévoit que les élèves commencent à apprendre une première langue étrangère en 3e primaire au plus tard et une deuxième en 5e. Au moins l'une des deux doit être une langue nationale.

Trop pour les écoliers

Pour les initiants, c'est trop demander aux élèves de l'école primaire d'apprendre deux langues étrangères. Il faudrait plutôt renforcer l'enseignement de l'allemand et des mathématiques, notamment.

En décembre dernier, le gouvernement lucernois a lui aussi proposé de rejeter l'initiative. Le Conseil d'Etat est favorable à l'harmonisation du système scolaire et ne veut pas faire de Lucerne une île. Apprendre deux langues étrangères n'est pas une surcharge de travail pour les écoliers. L'initiative a abouti avec plus de 7000 signatures, alors que 4000 sont nécessaires.

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Des initiatives similaires, qui visent le plan d'études alémanique («Lehrplan 21») ont abouti dans plusieurs cantons alémaniques. En plus des Lucernois, les Bernois devront aussi bientôt se prononcer. Les Argoviens votent le 12 février sur l'initiative «Oui à une bonne école» qui vise à empêcher l'introduction du «Lehrplan 21».

Deux rejets

En novembre 2016, les citoyens des cantons de Schaffhouse et de Thurgovie ont nettement rejeté des initiatives contre cette harmonisation. En Thurgovie, le parlement devra toutefois encore se prononcer sur le plan d'études cantonal. Le gouvernement a présenté deux versions: l'une intègre le français au primaire, l'autre ne prévoit son enseignement qu'à partir du secondaire.

A Bâle-Campagne. les citoyens ont refusé une initiative exigeant que le plan d'études scolaire soit soumis au parlement. Dans le canton de Schwyz, l'initiative des opposants au «Lehrplan 21» a été déclaré irrecevable. Saisi par les initiants, le Tribunal fédéral a donné raison aux autorités cantonales. A St-Gall en septembre 2016, les citoyens ont refusé une initiative exigeant que le canton se retire du concordat scolaire intercantonal Harmos.

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