L'UDC de la ville de Zurich a mobilisé mercredi tout son personnel pas encore en vacances pour faire bouillir le thème qui pourrait devenir le cheval de bataille numéro un du parti dans la campagne des élections fédérales: celui des naturalisations des étrangers. C'était de bonne guerre, puisqu'elle vient d'être définitivement déboutée par le Tribunal fédéral, qui, dans sa récente décision (Le Temps du 10 juillet), a déclaré les naturalisations par les urnes contraires à la Constitution; et par conséquent l'initiative de l'UDC de la ville réclamant une telle procédure définitivement irrecevable.

L'UDC, aussi au niveau national, a toutefois reconnu tout le potentiel qu'elle peut tirer de la thématique, et s'efforce par tous les moyens de la coupler avec celle de l'asile. Le titre de l'invitation aux médias annonçait la couleur: «Zurich doit redevenir une ville suisse.» Markus Schwyn, président du groupe UDC au Conseil communal, a commencé par présenter un choix de faits divers – fusillade et trafic de drogue – tirés des quotidiens gratuits et impliquant des citoyens de l'ex-Yougoslavie: «Voici les nouvelles du front de la plus grande ville des asylants de Suisse.» Et de s'indigner qu'au lieu d'un signal clair, le Tribunal fédéral s'apprête à «faire cadeau» de la nationalité suisse. La revendication d'exclure les demandeurs d'asile de la procédure de naturalisation est, là, de nature plutôt théorique, puisqu'il faudrait qu'ils séjournent au moins depuis dix ans dans le pays pour tenter leur chance.

Mais l'UDC étudie en revanche les moyens de court-circuiter les décisions du parlement de la Ville, en demandant par exemple que les décisions soient prises à la majorité qualifiée, et que les noms des futurs citoyens helvètes soient publiés immédiatement, et non après l'accord du canton, de manière à pouvoir attaquer les décisions positives par référendum. Elle s'élève également contre les lenteurs qui frappent une autre de ses initiatives, qui demande que le délai pour déposer une demande soit rallongé pour les personnes nées à l'étranger; rejetée par le parlement en 2000, elle n'a pas encore été soumise à votation populaire.

Car l'UDC en est persuadée, même si elle ne peut fournir aucune indication chiffrée: sur les quelque 2000 personnes qui ont été naturalisées en 2001 à Zurich, nombreuses étaient celles qui ne remplissaient pas les critères et avaient notamment des connaissances insuffisantes de la langue. Rolf A. Siegenthaler, vice-président de la section de la ville et candidat malheureux à la municipalité, est favorable à l'introduction d'un examen écrit pour tester les aptitudes écrites et orales des candidats en allemand. Et d'étayer sa demande avec l'exemple d'un moine tibétain qui est devenu suisse, «bien qu'il n'ait ni revenu, ni fortune, et qu'il ne parle pas un mot d'allemand, juste qu'il était un bon type!»

L'UDC de la ville veut animer le parti national de lancer une initiative populaire réclamant précisément la naturalisation aux urnes, malgré la décision du Tribunal fédéral. «Si la démarche est inconstitutionnelle, alors il faut changer la Constitution», ont déclaré ses représentants.