L’UDC veut défendre le secret bancaire pour les citoyens suisses, mais ne sait pas encore quelle sera la bonne stratégie. D’un côté, le banquier zurichois Thomas Matter, qui avait raté de peu son élection au Conseil national en 2011, promet de lancer une initiative populaire pour la «défense de la sphère privée financière». Il annonce que les délégués de l’UDC zurichoise prendront une décision d’ici à mars 2013.

Mais la voie de l’initiative populaire est-elle la bonne solution? L’UDC hésite à demander l’inscription du secret bancaire dans la Constitution depuis des années. Annoncée voici dix ans, une première initiative populaire n’a jamais été lancée. Et l’UDC ne s’est pas précipitée pour soutenir celle de la Lega, qui n’a finalement pas recueilli suffisamment de signatures en 2009.

L’UDC a depuis lors privilégié la voie parlementaire. Le président de l’UDC zurichoise, Alfred Heer, a déposé en mai une initiative personnelle au Conseil national qui ­demande la garantie constitutionnelle du secret bancaire. Cette proposition n’a pas encore été traitée.

Référendum possible

Et il y a la solution du référendum. L’UDC s’est dite choquée par le projet d’unification du droit pénal fiscal annoncé par Eveline Widmer-Schlumpf en septembre. La ministre des Finances prévoit d’autoriser les administrations fiscales cantonales à «accéder elles aussi à certaines données bancaires» en matière de soustraction d’impôt.

«L’UDC suisse n’a encore fixé aucune priorité. D’un côté, nous attendons ce qui sera concrètement présenté dans le cadre du droit pénal fiscal et de la stratégie de l’argent propre ces prochains mois. La question du référendum se posera au terme du processus parlementaire. De l’autre, nous attendons les décisions que prendra l’UDC zurichoise et les propositions qu’elle nous fera», confie le secrétaire général du parti, Mar tin Baltisser. Quoi qu’il en soit, l’UDC ne manquera pas d’attaquer Eveline Widmer-Schlumpf sur ce dossier.