Non, les milieux économiques ne gardent pas rancune à Christoph Blocher, ni à l'UDC de la décision que cette dernière a prise samedi dernier, en faveur de l'initiative des 18%. «Ce n'était pas un acte amical envers nous, mais nous avons pris note des positions de Christoph Blocher et Ueli Maurer, qui ont tous deux refusé l'initiative», souligne Andres Leuenberger, président du Vorort. Et d'ajouter: «Le Vorort n'est en rien lié aux partis politiques. Nous continuerons donc de coopérer avec les quatre partis gouvernementaux, dans les domaines où nous les supportons». Une opinion partagée par Hans-Rudolf Früh, président de l'Union suisse des arts et métiers: «Nous n'avons pas de position officielle vis-à-vis des différents partis, surtout quand ceux-ci ne sont pas homogènes. Christoph Blocher n'est pas opposé à l'immigration des gens hautement qualifiés. Pour lui, le problème vient de ceux qui ne sont pas en mesure de s'intégrer».

Quant à Peter Hasler, directeur de l'Union patronale suisse, il se dit déçu de la décision de l'UDC. Une décision, selon ce dernier, qui résulte des manœuvres publicitaires cachées de ce parti contre les étrangers. «J'ai toujours dit que ces messages à lire entre les lignes étaient mesquins», affirme-t-il. Et pourtant, quelle drôle de décision pour un mouvement politique qui veut être le plus représentatif de l'économie libérale? «C'est une qualité qu'ils s'attribuent», rétorque Peter Hasler. «L'UDC se dit être le parti de l'économie, mais ce parti ne constitue d'aucune manière une concurrence pour nous en terme de représentativité sur le plan économique. Nous travaillons avec tous les partis et nous ne sommes intéressés que par les décisions concrètes».

A. N.