Un véritable raz de marée s'est produit dimanche en Argovie lors des élections au Grand Conseil. L'UDC y a raflé pas moins de 73 sièges (+26), devenant de loin le premier parti d'un parlement qui compte 200 députés. Ce gain a largement été obtenu aux dépens des socialistes, qui ne comptent plus que 37 sièges (– 11), et du PDC, qui n'en a plus que 31 (-6). Les petits partis de droite y laissent également des plumes. Les Démocrates suisses perdent trois élus sur sept, le Parti de la liberté deux sur trois, et l'Union démocratique son seul représentant. Les radicaux, en revanche, résistent bien avec 39 sièges (-1) alors que les écologistes passent à 7 fauteuils (+1) et que les évangéliques conservent leurs 8 élus.

Pour les observateurs, la clé du succès de l'UDC est très clairement à chercher dans la concordance entre les élections cantonales et la votation de l'initiative fédérale «Oui à l'Europe!», que le canton a refusé par 83% des voix. «Même si l'UDC n'a pas particulièrement exploité le thème européen dans sa campagne électorale, elle tire parti de son net refus de tout rapprochement avec l'Union européenne», souligne un journaliste de l'Aargauer Zeitung. Elle en profite d'autant plus que la section argovienne est idéologiquement très proche des positions affirmées de sa voisine zurichoise et de son mentor, Christoph Blocher.

Progression surprenante

Si une progression de l'UDC était attendue, l'ampleur de sa victoire est une grosse surprise. Lors des élections au gouvernement cantonal, qui se sont déroulées voici six mois, l'UDC ne s'était pas montrée particulièrement pugnace. Elle avait conservé son unique mandat, contre deux au PDC, un aux radicaux et un détenu par un indépendant. Désormais, UDC et radicaux possèdent à eux deux une confortable majorité au parlement, et un virage à droite de la politique cantonale est attendu.