Pour l'UDC fribourgeoise, la manifestation des sans-papiers à Fribourg, samedi, était un affront. Dans le cadre d'une action nationale organisée par la coordination suisse des collectifs de sans-papiers, quelque 200 à300 personnes avaient défilé à Fribourg pour dénoncer «la criminalisation de la solidarité». Dans le cortège, de nombreux Africains, requérants d'asile et travailleurs au noir, ainsi que les membres du collectif de soutien poursuivis pour avoir abrité des clandestins.

Provocation

Lors de la manifestation, le secrétaire permanent du centre de contact Suisses-Immigrés, Lionel Roche, a souligné qu'une nouvelle demande de régularisation collective allait être déposée en fin d'année.

Cette manifestation remettant sur le devant de la scène un mouvement qui s'était fait plus discret ces derniers mois est apparue comme une provocation aux yeux de l'UDC. Lundi, dans un communiqué, l'Union démocratique du centre a annoncé vouloir demander au gouvernement cantonal de procéder à l'arrestation des clandestins connus par la police puis à leur expulsion immédiate. «On ne peut pas accepter que ces personnes ne respectent pas la loi», déclare Jean-Luc Rimaz, président de l'UDC fribourgeoise, faisant allusion à la fois aux clandestins et à ces «politiciens qui cachent les gens en toute illégalité»: le 12 janvier dernier, le député socialiste Bernard Bavaud était condamné à 300 francs d'amende pour avoir hébergé deux clandestins kurdes en été 2002.

L'intervention devant le gouvernement se prépare pour la semaine prochaine. «Nous allons demander au canton de prendre des mesures très rapidement, pour que les sans-papiers suivent les procédures légales. Ceux dont la demande a été rejetée doivent rentrer dans leur pays, et les autres doivent suivre la procédure. Sinon, il va y avoir un afflux massif. En France d'ailleurs, l'état commence à serrer la vis. Il se rend compte qu'il est allé trop loin.»

Pas d'amalgame

S'il rejette toute accusation d'amalgame entre clandestins et insécurité, Jean-Luc Rimaz estime que «les gens commencent à avoir peur en ville de Fribourg, où les problèmes d'insécurité sont nombreux». Il rappelle la mort, en mars dernier, d'un homme poignardé devant la gare. «Il faut intervenir avant que cela ne se reproduise.» Rappelons que la victime, un Congolais, avait été mortellement blessée par un jeune Suisse alors qu'elle s'interposait entre deux bandes de jeunes. «Je ne sais pas si tous les fauteurs de troubles sont des clandestins, mais ils doivent respecter notre manière de penser. Fribourg n'est pas encore New York, mais il s'agit d'être attentif», déclare-t-il.

Concernant la main-d'œuvre bon marché que représentent les clandestins – l'UDC vaudois Jean Fattebert avait été condamné pour avoir employé au noir des Polonais dans ses plantations de tabac –, Jean-Luc Rimaz souligne que, «comme par hasard, les socialistes ont rejeté une interpellation pour un permis de travail de courte durée qui arrangeait les agriculteurs et les étrangers».