«On ne peut pas expliquer ce fait horrible par l'origine des jeunes incriminés. A Zurich, des milliers de jeunes vivent avec un arrière-plan comparable et ne commettraient jamais un tel acte.» Matthias Hauser est enseignant dans l'école Buhnrain, que fréquentent certains des auteurs soupçonnés et la victime du viol collectif rendu public la semaine dernière et qui a choqué la Suisse.

Ses propos prennent une tonalité particulière lorsque l'on sait qu'il est député UDC au Grand Conseil. Or, depuis quelques jours, son parti ne manque pas une occasion pour dénoncer, avec un langage virulent, ce qu'il appelle «les fruits d'une société multiculturelle».

«Une autre mentalité»

Du coup, la position de Matthias Hauser, interrogé mercredi par le Blick et la NZZ, peut surprendre. Très marqué par l'événement, il a tenu à se distancier de la déclaration de son parti. L'enseignant, qui a côtoyé lors de ses cours de gym deux des jeunes soupçonnés, a observé qu'il leur est difficile d'obéir aux règles. «Les jeunes étrangers ont une autre mentalité que nous.» Il se dit partisan de sanctions plus strictes.

De là à trouver un lien avec le viol, il y a un pas qu'il ne veut pas franchir. «Il est malvenu de tirer des conclusions irréfléchies immédiatement après la révélation des faits pour essayer de se profiler. Il aurait été plus intelligent d'attendre l'analyse de la situation.»

Lundi, lors de la session du Grand Conseil, l'UDC a profité du choc pour s'en prendre aux «fruits pourris» de la politique d'intégration de la Ville. Sans rechigner sur les termes. «Cela a provoqué dans la plus grande ville une immigration massive non contrôlée, une explosion des activités sociales, une mise en danger de la culture locale et une hausse de la criminalité.» Le parti a rappelé ses intentions: moins d'immigration, durcissement des principes de naturalisation. Tout cela pour «ne pas perdre ce que nous appelons la patrie».

Malgré ses critiques, Matthias Hauser approuve en grande partie la position de son parti: «Quand un étranger a autour de lui un groupe important d'autres étrangers, il perd toute volonté de s'intégrer», déclare-t-il dans la NZZ. Dans le cas de cette affaire sordide, il se demande sur son blog «ce que nous avons fait de faux» en précisant que le «nous» englobe les enseignants mais aussi la société.

Depuis la révélation des faits, son école est mise sous pression, notamment par les médias. Sa directrice a fait savoir mercredi que, pour des raisons de santé, elle suspendait ses activités jusqu'à nouvel avis.