Les attaques de l'UDC contre l'aéroport, lancées pour la première fois par Hans Rutschmann, le troisième candidat UDC au Conseil d'Etat, ont fait au début de l'année l'effet d'une petite bombe. Elles touchent une corde sensible de la population, encore sous le choc de l'effondrement de Swissair.

«Ce sont les mêmes qui soutenaient Swissair qui défendent aujourd'hui un mauvais concept de l'aéroport», remarquait Christoph Blocher dans une interview, début février, au Tages-Anzeiger. Les attaques visent aussi le conseiller d'Etat radical Ruedi Jeker, en charge du dossier. Mais la remise en question de la croissance de l'aéroport risque bien de revenir comme un boomerang contre l'UDC. Nombre de ses membres dans la région n'ont pas compris cette attaque tombée du ciel. «Réclamer un redimensionnement de l'aéroport à un moment où l'économie se trouve dans une situation si difficile, cela n'a vraiment pas de sens», déclare Thomas Koller, secrétaire du comité «Weltoffenes Zürich», qui s'engage pour le maintien du «hub» zurichois.

Et le plafonnement des vols réclamé dans un premier temps par Hans Rutschmann a encore plus irrité Thomas Koller, par ailleurs membre de l'UDC de Kloten: «C'est une mesure dirigiste par excellence, le contraire de ce que nous défendons pour l'économie.» Même si, depuis, Hans Rutschmann n'est plus si catégorique, le mal est fait. Sa popularité dans la région stagne. «L'UDC, avec sa position sur l'aéroport, s'est disqualifiée auprès de l'économie», dit Dominic Schaub, président du PS. Le dernier sondage de l'institut GfS montre également que, lorsqu'il s'agit d'encourager la croissance économique, les électeurs n'accordent leur confiance à l'UDC qu'en troisième position des partis gouvernementaux. «Seuls les médias disent que nous sommes contre l'économie: une entreprise doit être rentable, c'est aussi simple que ça. Et personne n'aime faire des exercices pour perdre sa graisse», réplique pour l'UDC Claudio Zanetti.