La Banque nationale suisse doit cesser de vendre son or, elle doit au contraire augmenter ses stocks, pour mieux assurer l'avenir de la place financière suisse dans la tourmente qui bouscule les banques et les bourses du monde entier. Telles sont les actuelles préoccupations de l'UDC, exprimées lundi à Berne lors d'une conférence de presse, qui entend également protéger la place financière contre des «actions irréfléchies des autorités».

Le parti a dans son collimateur la Commission fédérale des banques (CFB), «rendue nerveuse» par la situation, qui poserait aux établissements des exigences excessives en matière de fonds propres. La concrétisation de toutes les exigences de la CFB pourrait entraîner la plus importante transformation structurelle du secteur bancaire depuis le début des années 90. Ces mesures pourraient entraîner une baisse des dividendes et conséquemment une perte de recettes fiscales, tout comme une chute des actions des grandes banques, qui se trouveraient plus exposées à un rachat. Le conseiller national zurichois Hans Kaufmann n'hésite pas à parler à ce sujet d'hystérie régulatrice. A son sens, des interventions aussi graves dans l'économie privée ne devraient pas être prises par ordonnances mais être soumises au parlement.

Acheter de l'or

Il faut acheter de l'or, proclame pour sa part Toni Brunner, le président du parti. «L'or est la partie la plus solide et à long terme la plus sûre des réserves monétaires» et la BNS devrait avoir une plus grande marge de manœuvre pour lui permettre d'augmenter progressivement ses réserves d'or. Pour le conseiller national argovien Luzi Stamm, «la BNS ne devrait pas considérer l'or comme un actif parmi d'autres dans un portefeuille diversifié, mais bien comme une assurance en cas de crise nationale majeure. Il devrait servir de réserve, au cas où le système financier moderne et celui des devises papiers viendraient à s'effondrer.» L'UDC, qui avait participé allégrement, en son temps, au concours d'idées pour savoir comment distribuer les réserves d'or de la BNS, demande également que les réserves d'or soient conservées en Suisse, afin que l'on soit sûr de pouvoir en disposer.

L'UDC revient également à la charge avec une proposition qu'elle agite périodiquement, l'inscription du secret bancaire dans la Constitution fédérale. Ce n'est toutefois plus qu'une revendication parmi d'autres, formulée comme en passant dans un ensemble de propositions et des recommandations pour faire face à la crise financière. L'UDC ne songe apparemment plus à lancer une initiative sur ce sujet, une initiative que les principaux milieux intéressés, les banquiers, sont les premiers à trouver inopportune.