Le pamphlet publié par l'UDC argovien Maximilian Reimann dans le service de presse de son parti (Le Temps du 28 février) a fait des vagues au sein de son propre parti. Plusieurs démocrates du centre, dont le président Ueli Maurer, lui ont reproché d'attiser les différences entre Romands et Alémaniques et, surtout, d'avoir décrété avant même le vote de ce week-end que la Suisse francophone accepterait l'initiative «Oui à l'Europe!». Dans la foulée, il invitait les Romands à s'interroger sur leur avenir en Suisse.

«Appréciations erronées»

La conseillère nationale Brigitta Gadient, qui appartient à la mouvance la moins conservatrice de l'UDC, lui répond dans le service de presse de cette semaine. Elle lui reproche d'avoir annoncé «avant de connaître le résultat» que le scrutin de dimanche créerait un nouveau Röstigraben. «Son article pose surtout la question du traitement des minorités dans ce pays», souligne-t-elle. Citant le passage où il évoque les relations entre la majorité et la minorité – passage qui a été édulcoré dans sa traduction française – et celui où il compare les «Alémaniques épris de liberté et d'indépendance» aux «Romands plus attachés à l'Etat», elle écrit: «Des appréciations aussi personnelles et manifestement erronées sont blessantes. C'est dire que cet article a été fort mal perçu en Suisse romande, mais aussi par de nombreux Alémaniques.»

Maximilian Reimann a pour sa part rédigé un communiqué qu'il va faire paraître dans des journaux romands. A propos du vote sur «Oui à l'Europe!», il se réjouit qu'il n'y ait eu aucun Röstigraben et ajoute: «Si ces propos polémiques, comme on en use dans une campagne de votation, ont pu blesser certains, je le regrette.»