Politique suisse 

L'UDC mise sur l'indépendance du pays pour les élections fédérales de 2019

Devant plus 350 délégués réunis samedi à Klosters dans les Grisons, Christoph Blocher a fait ses adieux au parti. Sa fille, Magdalena Martullo-Blocher, accède à la vice-présidence pour défendre une démocratie directe jugée menacée

L'UDC s'est mise en ordre de bataille en vue des élections fédérales de 2019 sous le signe de l'indépendance de la Suisse et de la défense de sa démocratie directe. Elue à l'unanimité, Magdalena Martullo-Blocher fera partie de la direction élargie du parti, suite au départ de son père.

Face à 354 délégués réunis samedi à Klosters (GR), Albert Rösti a appelé les membres du parti à tout faire pour égaler voire dépasser le score historique de 29,4% de l'électorat obtenu en 2015. L'UDC doit gagner «pour que la Suisse reste la Suisse», a-t-il lancé en citant le slogan électoral du parti.

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Le Bernois a en outre accusé le Conseil fédéral de «dissimulation» dans le débat sur l'accord-cadre souhaité par l'Union européenne (UE). Un tel accord ne serait rien d'autre qu'un «rattachement à l'UE», que le gouvernement «tente de minimiser», a mis en garde le président de l'UDC. Face au danger européen, il faut défendre l'indépendance de la Suisse et sa démocratie directe, a-t-il martelé.

Sur ce point, Ueli Maurer a vanté les mérites de la démocratie suisse, «garante de l'indépendance, de la sécurité, de la prospérité et de la stabilité» du pays. «Sans démocratie directe, la Suisse serait aujourd'hui membre de l'Union européenne», a déclaré le ministre des finances.

«Coup d'Etat sournois»

Chef de la campagne électorale pour les élections fédérales, Adrian Amstutz s'en est pris à la majorité du gouvernement, au Parlement et au Tribunal fédéral, accusés de placer le droit international au-dessus du droit suisse. Il leur reproche de ne pas appliquer les initiatives de l'UDC sur l'immigration et sur le renvoi des criminels étrangers, adoptées par le peuple suisse.

Evoquant un «coup d'Etat sournois visant à écarter le peuple du pouvoir», il a appelé la base de l'UDC à se mobiliser pour battre les autres partis politiques dans les urnes. Le conseiller national bernois a accusé le centre et la gauche d'être des «violeurs de la Constitution fédérale (...) aidés par les médias».

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Christoph Blocher a lui aussi dénoncé un «coup d'Etat» qui doit inciter l'UDC à «ouvrir les yeux au peuple suisse». L'ancien conseiller fédéral a accusé les autorités et les adversaires de l'UDC, qualifiés de «syndicat de filous», de vouloir «abolir la démocratie directe». Faisant allusion au «non» des Suisses à l'Espace économique européen (EEE) en 1992, le Zurichois a souligné que les élections de 2019 devront servir à «sauver le droit de vote des citoyens».

Adieux de Christoph Blocher

Pour sa dernière assemblée en tant que membre de la direction du parti, Christoph Blocher a été ovationné debout, drapeau suisse à la main, aux côtés du vice-président Oskar Freysinger et du chef de la de communication Walter Frey, eux aussi sur le départ. Le tribun cède sa place de chef stratégique à Adrian Amstutz. La famille Blocher reste toutefois représentée au sein de la direction de l'UDC. Les 354 délégués présents ont élu la conseillère nationale Magdalena Martullo, fille de Christoph, à la vice-présidence du parti.

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Parmi les autres nouveaux venus au sein de la direction du parti, l'assemblée a élu un autre vice-président, Marco Chiesa, conseiller national tessinois. L'élection à la présidence n'a constitué qu'une formalité, étant donné qu'Albert Rösti se représentait. Il a été réélu pour deux nouvelles années, tout comme la vice-présidente romande Céline Amaudruz (GE). Les conseillers nationaux Marcel Dettling (SZ) et Sandra Sollberger (BL) deviennent en outre membre du bureau élargi de la direction, tout comme le reste le chef du groupe parlementaire Thomas Aeschi, notamment.

«Monnaie pleine» dangereuse

Vendredi soir, le Comité du parti avait déjà donné ses mots d'ordre pour les votations du 10 juin prochain. Il recommande de rejeter l'initiative «Monnaie pleine». Selon le texte, seule la Banque nationale pourrait émettre de l'argent comptable. Selon le comité, le projet bouleverserait le système financier et économique helvétique. Une restructuration aussi profonde est jugée «extrêmement risquée».

Quant à la nouvelle loi sur les jeux d'argent, l'UDC laisse la liberté de vote. Le texte veut serrer la vis notamment aux fournisseurs de jeux en ligne étrangers. Ces derniers échappent pour l'instant aux impôts.

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