L'UDC ne veut pas du durcissement et de la prolongation des mesures jusqu'à fin février, indique-t-elle samedi dans un communiqué. Elle s'oppose «en particulier au télétravail imposé aux salariés, à l'obligation de porter le masque dans les espaces intérieurs même en cas de distanciation physique suffisante, aux fermetures supplémentaires de commerces ainsi qu'à la limitation légale de rencontres privées à deux ménages au maximum et à la règle des 10 personnes».

Pour lutter contre les nouveaux variants britannique et sud-africain du coronavirus, l'UDC appelle le Conseil fédéral à «prendre des mesures aux frontières» avec notamment des tests rapides ou des quarantaines imposées aux personnes provenant de régions à risque. La situation ne justifie pas «des mesures draconiennes frappant la population locale», selon l'UDC qui estime que la Suisse bénéficiera bientôt d'une baisse du nombre de nouvelles infections.

Le parti estime que le Conseil fédéral «porte une fois de plus atteinte aux compétences fédéralistes des cantons». Il lui demande de lever immédiatement les mesures prises à l'encontre des restaurants ainsi que des installations de sport, de loisirs et culturelles.

Le Conseil fédéral «navigue à vue»

Le PLR est aussi critique. Il a qualifié mercredi la politique du Conseil fédéral dans cette pandémie de floue et de changeante. Il juge par exemple que la campagne de vaccination a démarré trop lentement. Il est également opposé à une obligation du télétravail.

Si la situation le nécessite, le PLR n'est formellement pas opposé à la fermeture des magasins. Le plus important est que les aides arrivent enfin envers les commerces touchés, a précisé samedi à Keystone-ATS Arnaud Bonvin, chef de la communication du PLR. «Certains cantons l'ont fait rapidement, mais d'autres traînent les pieds.»

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Quant à la question du nombre de personnes qui peuvent se réunir, le PLR s'en remet aux experts. Il demande toutefois au gouvernement de faire preuve de plus de clarté sur la question, alors qu'il a semblé «naviguer à vue» jusque-là. Il serait par exemple possible de mettre en place un système de paliers, comme d'autres pays, pour déterminer le nombre de personnes maximum qui peuvent se réunir, a souligné M. Bonvin.

Télétravail obligatoire

Le PS soutient lui globalement les mesures prévues par le Conseil fédéral. La priorité est de réduire le nombre d'infections, a déclaré samedi sa co-présidente Mattea Meyer à Keystone-ATS. Le parti à la rose soutient clairement l'obligation du télétravail et, en dernier recours, la fermeture des commerces.

Les mesures sanitaires doivent toutefois aller de pair avec un soutien financier pour les personnes touchées, ajoute Mme Meyer. Le Conseil fédéral laisse ces personnes dans l'incertitude.

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Les autres partis avaient déjà réagi après l'annonce du Conseil fédéral mercredi. Le PDC soutient la démarche du Conseil fédéral ainsi que les autres restrictions qu'il pourrait adopter mercredi prochain. Il a souligné que le soutien financier correspondant doit ensuite être acheminé rapidement à tous les secteurs concernés.

Aller plus loin

Les Vert'libéraux soutiennent la prolongation des mesures, préconisées par Berne, mais aimeraient qu'elles aillent plus loin. Ils considèrent que la réduction du nombre de cas et de décès est une priorité, a indiqué son secrétaire général Michael Köpfli.

Pour eux comme pour les Verts, qui sont moins conciliants avec les propositions faites mercredi par Alain Berset, le télétravail devrait être rendu obligatoire où cela est possible: une simple recommandation ne suffit pas.

Le Conseil fédéral a annoncé mercredi que les restaurants, lieux culturels, de loisirs ou sportifs ne rouvriront pas avant fin février. Le gouvernement souhaite en outre prolonger les mesures en vigueur contre le coronavirus. Il prendra sa décision définitive mercredi après avoir consulté les cantons. Il se prononcera également sur des mesures économiques supplémentaires.

La conférence des directeurs cantonaux de la santé (CDS) ne se prononce pas pour l'instant. La consultation avec les cantons est en cours, a précisé son porte-parole Tobias Bär. La CDS s'était toutefois prononcée mercredi en faveur des nouvelles mesures du Conseil fédéral, au vu du niveau dangereux de contamination en Suisse.