Baisse de la TVA et des autres impôts, suppression du Bureau de l'égalité et du droit de recours des associations, renforcement de la surveillance des frontières, pas d'autorisation de séjour illimitée pour les personnes venant de l'extérieur de l'UE, pas d'extension de la libre circulation aux nouveaux pays membres et pas de nouvelles négociations bilatérales avec l'UE, suppression du soutien étatique à la culture, développement du réseau routier. La plate-forme électorale de l'UDC, qui porte le titre de «Qualité suisse – UDC» et sera discutée en assemblée dans une semaine à Hochdorf (LU), s'annonce musclée. Plus musclée et plus précise que celle de 1999, même si le président du parti, Ueli Maurer, confie qu'il avait rêvé d'un programme encore plus combatif.

Cette plate-forme montre néanmoins la direction que compte suivre le parti dans la perspective des élections de la fin de l'année (renouvellement du parlement en octobre et du Conseil fédéral en décembre). Dans le préambule du programme, l'UDC annonce qu'elle «ne conclura des alliances et fera des compromis avec les autres partis politiques que si ces ententes sont conformes à son mandat électoral». Si ce dernier «est incompatible avec les idées des autres partis», l'UDC sera «forcée d'emprunter d'autres voies». Elle affirme certes qu'elle «cherche à obtenir le deuxième siège au Conseil fédéral qui lui revient». «Mais ce n'est pas un objectif que nous voulons atteindre à tout prix. Ce deuxième siège doit plutôt être le résultat du programme politique que nous présentons», précise Ueli Maurer.

Or, ce programme risque de ne pas convaincre ses alliés potentiels, en particulier le PRD, de lui accorder ce second siège car il contient des propositions qu'ils n'accepteront jamais. Le secrétaire général du PRD, Guido Schommer vient d'ailleurs de fustiger l'attitude ambivalente de l'UDC (Le Temps du 3 janvier), qui joue le double jeu de la participation gouvernementale et de l'opposition. Il a par exemple relevé que, dans d'autres pays, les partis d'opposition ne le pratiquaient pas et se dotaient d'un «gouvernement de l'ombre». L'UDC a-t-elle l'intention de mettre un tel cabinet sur pied? «Pas du tout. Nous n'en avons jamais discuté», répond Ueli Maurer.

Le programme électoral reprend des thèmes chers à l'UDC. En politique extérieure, le parti réitère son opposition à l'adhésion à l'UE et à l'OTAN et veut bétonner le Sonderfall helvétique. Alors qu'elle chérissait encore la voie bilatérale dans sa plate-forme de 1999, cette approche n'a plus son appui. L'UDC demande la «suspension» de toute nouvelle négociation avec l'UE et refuse d'étendre la libre circulation des personnes aux nouveaux pays membres. Elle estime prématuré de supprimer l'obligation de visa imposée aux ressortissants de ces Etats. Elle réclame une politique d'immigration «étroitement surveillée» et plaide pour la réintroduction du statut de saisonnier, qu'elle s'abstient cependant de dénommer ainsi.

Si elle les traite en deux chapitres séparés, l'UDC compte néanmoins faire de la politique d'asile et de la sécurité un seul et même thème. Car elle considère que les requérants d'asile sont source d'insécurité. Elle réclame des délais de procédure très courts et une politique de renvoi systématique. Elle revendique la création d'un Département fédéral de la sécurité et le renforcement des contrôles aux frontières. C'est l'un des rares domaines où l'UDC attend de l'Etat un effort supplémentaire. Il y en a quelques autres: l'extension du réseau routier et le soutien des paysans pour les tâches multifonctionnelles qu'ils doivent accomplir.

Pour le reste, elle exige principalement une diminution drastique du train de vie de l'Etat. Elle montre du doigt certains engagements de la Confédération: Swiss, Expo.02, l'aide au cinéma, les crèches, le Bureau de l'égalité. Elle réclame une baisse quasi générale des impôts et des taxes (TVA, maintien du taux réduit pour l'hôtellerie, imposition des familles et des entreprises, redevance radio-TV, taxes hydrauliques et électriques, déductions en faveur des retraités). Elle s'en prend également aux réformes scolaires, qui misent trop sur l'éducation et pas assez sur la formation, et critique le partenariat homosexuel. Au passage, elle s'en prend aux médias dans un chapitre qui leur est tout exprès consacré. Elle condamne la «pensée unique qui sévit dans les rédactions», la «désinformation consciente pratiquée par la presse» et exige une plus grande concurrence pour la SSR.