Malgré les importants enjeux neuchâtelois à Berne, avec des besoins en financement de deux fois un milliard de francs pour les routes d’évitement de La Chaux-de-Fonds et du Locle et pour la ligne ferroviaire directe et souterraine entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds, les Neuchâtelois ne se sont pas précipités pour désigner leurs représentants aux Chambres fédérales. Selon le site internet de la Chancellerie cantonale, seuls 32,76% des électeurs avaient voté par correspondance jusqu’à vendredi.

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La participation ne devrait flirter qu’avec les 40%, en dessous des pourtant déjà maigres 42,39% de 2011 et loin des 50,3% de 2007 et 2003. L’absence de fortes personnalités parmi les candidats pourrait expliquer ce désintérêt.

Un siège en moins

La donne est pourtant ouverte. Pour cause de progression démographique inférieure à celle des autres cantons, Neuchâtel perd l’un de ses cinq sièges au Conseil national. Une régression à quatre mandats qui devrait affecter la droite, qui compte actuellement 3 élus (2 PLR et 1 UDC), contre 2 à la gauche (1 PS et 1 Vert).

Alliée, la gauche conservera ses deux sièges. Le socialiste sortant Jacques-André Maire sera selon toute vraisemblance réélu, encore que la relève socialiste soit bien présente avec Florence Nater et Baptiste Hurni. L’autre siège de gauche est disputé par les Verts (qui doivent remplacer la pâle Francine John-Calame, peut-être par Fabien Fivaz) et le POP, qui relance dans la bataille le populaire Denis de la Reussille. Avantage mathématique aux Verts, qui l’avaient emporté dans une même configuration en 2011 et 2007.

La grande bataille a lieu à droite. Entre le PLR et l’UDC, ennemis électoraux. Privée de sa locomotive Yvan Perrin, qui occupait le siège UDC neuchâtelois à Berne depuis 2003 (il l’a abandonné en 2013 lorsqu’il est devenu conseiller d’Etat, au profit du vient-ensuite Raymond Clottu), l’UDC neuchâteloise chancelle. Raymond Clottu ne fait pas l’unanimité et draine peu de voix extérieures au parti. Il est sérieusement menacé sur sa liste par les Chaux-de-Fonniers Blaise Courvoisier et Jean-Charles Legrix. Les candidats UDC n’ont fait campagne que pour eux.

Deux fois plus de suffrages au PLR

L’UDC perdra son siège si elle n’obtient que 17 ou 18% des suffrages. Parce que le PLR, qui s’est apparenté aux partis du centre (Vert’libéraux, PDC et PBD), pourrait engranger plus du double des suffrages de l’UDC et ainsi rafler les deux sièges de la droite. Un score de 36 ou 37% pour l’alliance de droite (sans l’UDC) n’est pas une utopie.

Reste que le PLR pourrait souffrir de l’absence de tête d’affiche sur sa liste (il ne présente aucun sortant). Son quatuor de candidats est certes compact et solidaire, avec la capacité de capter des suffrages autant chez les anciens libéraux que chez les anciens radicaux, mais l’absence de leadership pourrait coûter cher et ne pas avoir suffisamment mobilisé. Le suspense règne pour établir le classement de la liste PLR. Trois des quatre candidats semblent se trouver sur la même ligne: Thérèse Lanthemann, Nicolas Ruedin et Philippe Bauer.

Au Conseil des Etats, où Neuchâtel élit ses représentants au système proportionnel, aucune surprise possible: le PS et le PLR conserveront leurs mandats, qui seront attribués aux sortants Didier Berberat et Raphaël Comte, qui présidera la Chambre des cantons en 2016.