Le groupe parlementaire UDC a arrêté son choix pour l’élection au Conseil fédéral du 9 décembre. Il propose un candidat de chaque région linguistique: le Zougois Thomas Aeschi, le Tessinois Norman Gobbi (membre de la Lega dei Ticinesi mais adopté par l’UDC) et le Vaudois Guy Parmelin, qui se voit ainsi propulsé au pinacle de sa carrière politique.

Le premier est considéré comme un libéral représentatif de la nouvelle ligne du parti, intellectuelle et dure, tandis que Guy Parmelin apparaît comme le modéré du ticket. Thomas Aeschi l’a emporté contre le favori initial de la course à la nomination, le Grison Heinz Brand. Il est plus jeune – 36 ans contre 60 –, plus à droite, plus libéral et surtout plus proche de la direction du parti et de Christoph Blocher.

Les portraits détaillés des trois candidats

«En choisissant un ticket à trois, donc en offrant un choix à l’Assemblée fédérale, l’UDC fait une fois de plus la preuve qu’elle est prête à prendre des responsabilités gouvernementales supplémentaires, écrit le parti dans un communiqué. Les trois personnes nominées répondent au profil d’exigence d’un conseiller fédéral. Ils possèdent des compétences de direction et connaissent depuis des années l’administration et la politique fédérales.»

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La question désormais est de savoir quelle marge de manoeuvre aura le parlement lors du choix le 9 décembre. Une clause dans les statuts de l’UDC prévoit en effet que tout membre qui ne figurerait pas sur le ticket proposé et accepterait son élection au Conseil fédéral serait automatiquement exclu du parti.

Cette clause restreint considérablement la possibilité pour le parlement d’élire un UDC ne figurant pas sur le ticket officiel. La présence d’un Romand et d’un Tessinois sur le ticket ne serait qu’un prétexte pour «imposer un véritable dur alémanique», critiquait cette semaine dans nos colonnes un parlementaire influent.

Thomas Aeschi est justement ce «dur». Cet économiste de 36 ans sorti des hautes écoles de St-Gall et de Harvard siège au Conseil national depuis 2011. Mais sa fraîcheur pourrait dissuader la majorité des parlementaires de lui faire confiance le 9 décembre prochain lors de l’élection du successeur d’Eveline Widmer-Schlumpf.

En cas succès dans trois semaines, Thomas Aeschi deviendrait l’un des plus jeunes élus de l’histoire du Conseil fédéral. La dernière personnalité à avoir accédé à la fonction suprême à un âge plus précoce était la démocrate-chrétienne Ruth Metzler. La ministre appenzelloise des Rhodes-Intérieures avait 34 ans lorsqu’elle a été élue en 1999.

A consulter: L'infographie présentant les 6 candidats écartés et les 3 retenus