Le statu quo à l’élection du Conseil fédéral mercredi à Berne révèle paradoxalement une nouvelle donne où l’UDC fait figure de grande perdante, analyse jeudi la presse suisse selon l’ATS. Maints analystes soulignent que le parti agrarien ne peut imputer sa défaite qu’à lui-même.

«Ce parti n’a en fait réussi qu’à se mettre à dos tous ses partenaires potentiels avec ses candidatures bricolées au lendemain de sa défaite électorale du 23 octobre», constatent l’»Express» et l’»Impartial» dans leur éditorial commun.

«La Tribune de Genève» parle d’un «changement spectaculaire»: «Les parlementaires ont brisé les lois élémentaires de l’équilibre». «Tout ça pour ça!», titre «Le Matin» sur sa première page. Son éditorialiste compare l’agitation autour de cette élection à un «remue-ménage peu glorieux et si peu transparent». Pour «24 heures», l’UDC paie au prix fort ses «récents errements». Le journal constate que «la concordance arithmétique est morte.»

Côté alémanique, la «Neue Zürcher Zeitung» affiche ses craintes, soulignant l’imprudence d’une représentation asymétrique des rapports de force au sein du gouvernement «parce que fondamentalement deux sièges reviennent à l’UDC». La nouvelle configuration est «risquée», selon le quotidien zurichois. Un avis partagé par une grande partie de la presse outre-Sarine, qui estime que l’UDC est dans son bon droit.