L’UDC rêve d’une grande alliance bourgeoise avec le PLR et le PDC

Politique Toni Brunner invite le PLR et le PDC à négocier des mesures de lutte contre le franc fort

Sans soutien aux bilatérales, le terrain d’entente sera limité, rétorquent les deux formations

Opération médiatique réussie pour Toni Brunner. Le président de l’UDC a occupé deux pages de la presse dominicale, l’une dans la NZZ, l’autre dans la SonntagsZeitung, pour y évoquer son appel à un rapprochement avec le PLR et le PDC, dans le but d’imposer une «majorité bourgeoise» au Conseil fédéral. Le conseiller national saint-gallois s’est également exprimé sur son programme de dérégulation de l’économie – esquissé à l’occasion de l’assemblée des délégués à Locarno en janvier – suite à l’abandon du taux plancher par la Banque nationale suisse.

A l’orée de la session de printemps des Chambres fédérales, qui débute lundi prochain, Toni Brunner annonce avoir invité les libéraux-radicaux et les démocrates-chrétiens à rejoindre un «sommet bourgeois» lors de la deuxième semaine de mars. L’UDC compte rallier les deux partis à l’élaboration d’un «pacte de dérégulation», soit un ensemble de mesures communes aux trois formations pour aider les entreprises à faire face au franc fort.

Contacté, Christophe Darbellay confirme avoir accepté «sur le principe» de participer à une telle réunion, «mais il ne s’agit pas de leur donner un blanc-seing», prévient déjà le président du PDC. Lequel précise qu’il n’a reçu «aucune invitation» à ce jour et qu’aucune date n’a été retenue.

Sur les résultats auxquels pourraient aboutir les partis bourgeois, Christophe Darbellay fait preuve d’un certain scepticisme. «Avec l’initiative «Contre l’immigration de masse», l’UDC a créé le plus gros problème que la Suisse ait connu ces 25 dernières années. Il faudra absolument discuter de sa mise en œuvre, on ne peut pas se contenter de proposer des mesurettes à la petite semaine.»

Si le PLR, le PDC et l’UDC peuvent s’entendre sur des mesures demandant moins d’impôts, de bureaucratie ou d’entraves au commerce, cette hypothétique «nouvelle alliance» doit s’engager à défendre les bilatérales, aux yeux du conseiller aux Etats tessinois Filippo Lombardi, qui en faisait état dans nos colonnes samedi: «C’est au moins aussi important pour notre économie que de lutter contre les effets négatifs de la force du franc.» Un point de vue que partage la vice-présidente du PLR, la conseillère nationale Isabelle Moret: «Le maintien des bilatérales est une condition non négociable.»

Les positions tranchées du PDC et du PLR risquent de compromettre l’issue d’une réunion dont le conseiller national UDC Jean-François Rime n’a même pas entendu parler. «L’UDC fait beaucoup d’appels par presse interposée», résume Isabelle Moret. «Beaucoup d’annonces», renchérit Christophe Darbellay, qui attend de la part de l’UDC d’être enfin «le parti de l’économie».

Au-delà de l’obtention d’un compromis sur la mise en œuvre de l’initiative «Contre l’immigration de masse», Toni Brunner ne cache pas son désir de conquérir un deuxième siège au Conseil fédéral au détriment du PBD, qu’il qualifie de «modèle en fin de vie». «Dans un pays avec autant de formations, il n’est presque plus possible pour l’UDC d’augmenter son électorat», admet le président du parti, comme pour mieux rappeler que ses yeux doux sont tournés vers le PLR et le PDC. Il propose même à ce dernier de récupérer à ses côtés un second siège au Conseil fédéral, au détriment des socialistes.

Toni Brunner propose au PDC d’obtenir un second siège au Conseil fédéral, au détriment du PS