Neuchâtel

L'UDC sauve sa place, le POP évince les Verts

Après un long bug informatique, la députation neuchâteloise à Berne perd un PLR et un Vert. L’UDC réélit Raymond Clottu et le popiste Denis de la Reussille donne une voix à l’extrême gauche à Berne

Les Neuchâtelois, qui ont perdu un de leurs cinq fauteuils au Conseil national, ont élu un popiste, un socialiste, un PLR très libéral et un UDC. Difficile de faire plus hétéroclite.

Le premier enseignement, c'est qu'il y a une vie à l'UDC neuchâteloise même sans Yvan Perrin. Ce n'était pas acquis, tant l'ex-conseiller d'Etat réalisait des scores personnels élevés. Or, l'électorat d'Yvan Perrin continue de se mobiliser pour l'UDC, qui obtient 20,6% des suffrages, contre 21,4% en 2011. Une quasi stabilité que le président Stefan Moser explique par la stratégie du parti, «qui défend des valeurs et des idées, pas des personnes».

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Des bisbilles personnelles

Ainsi, les bisbilles personnelles qui ont opposé les candidats UDC n'ont pas eu d'effets néfastes. Restait à déterminer qui serait l'élu UDC. Le résultat est très serré, il s'en est fallu de 126 voix pour que le viennent-ensuite d'Yvan Perrin devenu titulaire en 2013, Raymond Clottu, conserve sa place, talonné par le médecin chaux-de-fonnier Blaise Courvoisier. «Bien sûr qu'il y a des caractères forts dans notre parti, et l'électorat a tranché, reprend Stefan Moser. L'objectif est atteint. Il n'y aura pas de dissension dans le parti.»

L'UDC a ainsi remporté le duel face au PLR et à ses alliés du centre-droit. Un PLR qui ne présentait aucun de ses sortants et une liste sans véritable tête d'affiche. Il paie cash cette stratégie, devant se contenter de 24,7%, restant de justesse le premier parti cantonal (contre 23,9% au PS). Le PLR doit donc se contenter d'un élu, et ce sera Philippe Bauer, qui obtient enfin la consécration.

L'extrême gauche retrouve une voix à Berne

Neuchâtel permet à l'extrême gauche de retrouver une voix à Berne. C'était l'autre enjeu de l'élection qui a mobilisé 42,3% des électeurs, exactement comme en 2011: le duel interne à la gauche entre les Verts et le POP, les Verts ayant un élu depuis 2003 et le raz-de-marée de l'époque de Fernand Cuche. Les Verts ont subi un net tassement. La faute d'abord à la sortante Francine John-Calame, qui ne s'est pas retirée avant la fin de son mandat pour profiler un successeur. Ensuite, les Verts n'ont pas su mobiliser et tombent à 9,4%, contre 11,7% en 2011.

Cet échec fait le bonheur du POP et du président de la Ville du Locle Denis de la Reussille, plusieurs fois candidats, sans succès, et désormais conseiller national. Le POP obtient un remarquable 12,4%, avec une avance de plus de 5000 suffrages sur les Verts.

«Un pragmatique»

Denis de la Reussille s'applique à cacher «une immense fierté de voir que les Neuchâtelois font aussi confiance au POP». Militant depuis trente ans, il dit «avoir conscience qu'il s'agit aussi d'une immense responsabilité, que j'assumerai». Il restera à la tête de la Ville du Locle et y briguera un nouveau mandat, à 50%, en 2016. «Je saurai m'organiser entre le mi-temps à ma ville et le 40% du Conseil national». Sera-t-il électron libre? «Je suis plutôt un pragmatique. Il ne serait pas raisonnable de faire cavalier seul. Avec qui je m'allierai ? Je n'y ai pas réfléchi. Ce sera le PS ou les Verts.» Au Grand Conseil neuchâtelois, POP et Verts (et Soldarité) forment un même groupe.

Le quatrième conseiller national est le socialiste Jacques-André Maire, dont la réélection ne faisait aucun doute. Avec plus de 14 000 suffrages, il obtient, et de loin, le meilleur score personnel. Un signe de reconnaissance pour son travail à Berne, mais également la volonté des Neuchâtelois d'avoir de la continuité.

La continuité aura été le maître mot de l'élection au Conseil des Etats. Les sortants sont réélus, très largement. Le seul enjeu était de savoir qui du socialiste Didier Berberat ou du libéral-radical Raphaël Comte terminerait en tête. C'est le socialiste chaux-de-fonnier qui l'emporte avec près de 2000 suffrages de plus, même s'il en obtient un peu moins qu'en 2011. "Je suis évidemment très content, dit Didier Berberat. On ne m'a pas fait payer une certaine mauvaise humeur envers les autorités de la Ville de La Chaux-de-Fonds ou envers la majorité socialiste du Conseil d'Etat.

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