Politique

L’UDC se cherche un nouveau chef à Berne

Le conseiller national Adrian Amstutz démissionne de sa fonction de chef du groupe parlementaire. Son successeur sera élu le 17 novembre à ce poste stratégique et d’influence. Le Zougois Thomas Aeschi est dans la course

Sans le vouloir, Adrian Amstutz aura fait de l’ombre au bilan de mi-législature que l’UDC présentait vendredi après-midi aux médias à Berne. Alors que le parti fustige le PLR et le PDC comme des «forces de centre-gauche», alors que le propriétaire de journaux Christoph Blocher a dit une nouvelle fois tout le mal qu’il pense de cette presse qui ne fait selon lui qu’à moitié son travail, c’est davantage l’annonce de personnel faite par l’UDC qui a retenu l’attention.

«Ne jamais laisser de vide»

Chef du groupe parlementaire UDC et figure autoritaire du parti, Adrian Amstutz rend son tablier. Surnommé le Richard Gere de l’Oberland bernois pour sa ressemblance physique avec l’acteur américain, il siège depuis 2003 sous la Coupole fédérale. Selon le règlement de l’UDC bernoise, qui limite les mandats de ses élus à quatre périodes, il ne peut plus se représenter en 2019.

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Adrian Amstutz, qui a marqué les débats parlementaires de son verbe acéré et de ses mises en scène régulières, préfère libérer la place de chef de groupe aujourd’hui. Cela doit permettre à son successeur d’être pleinement opérationnel en 2019, année d’élections fédérales et probablement de chamboulement au Conseil fédéral. «C’est dans l’intérêt du parti. Christoph Blocher m’a appris qu’un bon chef ne doit jamais laisser de la place au vide». Adrian Amstutz restera toutefois membre du Conseil national pendant les deux prochaines années.

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Thomas Aeschi oui, Manfred Bühler non

Dès lundi et jusqu’à fin octobre, les élus fédéraux UDC intéressés à le remplacer pourront faire acte de candidature. Septante-deux personnes sont concernées. Le profil recherché? «Facile, il doit être plus fort que moi» lance Adrian Amstutz, visiblement satisfait de sa formule.

Candidat malheureux au Conseil fédéral en 2015, le conseiller national Thomas Aeschi a annoncé réfléchir à une candidature, en indiquant vendredi après-midi déjà au St. Galler Tagblatt que «la fonction l’attire beaucoup». Proche de Christoph Blocher, le jeune homme siège depuis six ans à Berne avec l’énergie et l’ambition qui le caractérisent. Il est vice-président du parti.

Je suis bien où je suis et j’ai suffisamment de responsabilités. Ce n’est pas un thème pour moi

Manfred Bühler, conseiller national

Un Romand paraît également taillé pour le poste: Manfred Bühler. Le jeune avocat de Cortébert, dans le Jura bernois, ne siège certes que depuis deux ans au Conseil national. Mais parfaitement bilingue, à l’aise dans les dossiers, il a pris ses aises au sein du groupe UDC. Il décline néanmoins. «Je suis bien où je suis et j’ai suffisamment de responsabilités. Ce n’est pas un thème pour moi». D’autres nouveaux venus sous la Coupole, à l’image des conseillers nationaux schwytzois Marcel Dettling et valaisan Franz Ruppen pourraient saisir leur chance.

Un partenaire fiable

Un chef de groupe parlementaire aux Chambres fédérales participe aux entretiens de Watteville, prépare les séances des conseils, est responsable de la discipline de vote de son groupe et joue un rôle de porte-parole vis-à-vis des médias. En cela, la fonction offre une visibilité importante. Ignazio Cassis, qui l’a occupée pour le PLR juste avant son élection au Conseil fédéral, en a bénéficié.

Mais le chef de groupe a aussi la responsabilité de sceller des compromis. A ce titre, Adrian Amstutz est reconnu comme un partenaire certes dur mais également fiable. Vera Weber peut en témoigner, elle qui avait négocié pendant deux semaines avec le Bernois pour une mise en œuvre de la loi sur les résidences secondaires plus ferme que ce qui était proposé aux Chambres. Le courant a passé entre l’écologiste vaudoise et l’entrepreneur UDC. Le compromis noué alors avait permis d’éviter un référendum sur la loi d’application.

Aider Christoph Blocher

Adrian Amstutz, qui aura 64 ans en décembre, restera membre du bureau de la direction de l’UDC. Après 2019 et son retrait du Conseil national, il dit vouloir continuer à aider Christoph Blocher dans son combat pour «la liberté de la Suisse». «Je le dois à mes enfants et petits-enfants».

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