Convaincre les électeurs que l’UDC est aussi le parti de l’économie. Samedi à Fribourg et à six mois des élections fédérales, son assemblée des délégués était exclusivement consacrée à cette thématique.

Et pour prouver qu’elle est du côté des contribuables, des entreprises et des propriétaires, l’UDC rejette à l’unanimité l’initiative visant à imposer les successions. «Une initiative pompe à fric», estime le conseiller national vaudois Guy Parmelin. «Une initiative mortelle pour notre pays», lance son collègue fribourgeois Jean-François Rime. Lequel est aussi parvenu à convaincre les délégués de refuser la loi sur la radio et la télévision contre laquelle l’Union suisse des arts et métiers (USAM) qu’il préside a lancé le référendum.

A ce titre, Jean-François Rime mène la campagne contre la généralisation de la perception de la redevance et son extension aux entreprises. Le président de l’USAM estime que l’objectif de cette loi est de faire rentrer encore plus d’argent dans les caisses d’une «SSR surdimensionnée, arrogante et qui aurait plutôt besoin d’une cure d’amaigrissement». Et de déplorer au passage les salaires que perçoivent les dirigeants du service public. Une seule personne s’est prononcée en faveur de cette révision de la loi, soumise au peuple le 14 juin.

Un «programme de dérégulation»

Chef de la campagne pour les élections fédérales de 2015, le conseiller national bernois Albert Rösti a aussi rappelé les positions du parti sur l’économie. Pour lui, la place économique suisse et sa production «sont en péril» si certaines valeurs ne sont pas défendues et sauvegardées, dont la stabilité, la sécurité, la subsidiarité, le libéralisme, la maîtrise des dépenses fédérales, la diminution de la bureaucratie et une fiscalité modérée. Président de l’UDC, Toni Brunner estime que le PDC et le PLR ont fait trop de compromis «qui font mal à la Suisse». Et de déplorer tout au long de l’assemblée cette «majorité de centre-gauche» qui, au Parlement comme au Conseil fédéral, serait nuisible aux intérêts du pays. Un refrain déjà connu mais qui a été martelé, ce samedi à Fribourg.

Sur le terrain économique, l’UDC peut déjà s’enorgueillir d’avoir convaincu le PLR et le PDC de souscrire à son «programme de dérégulation» pour lutter contre les effets du franc fort. Elle attend maintenant de ses partenaires qu’ils le respectent et qu’ils forment ensemble une véritable alliance bourgeoise.

Migration et sécurité font mouche

Mais ce n’est pas sur les questions économiques que l’UDC a fait battre le cœur de ses délégués. A l’applaudimètre, les piques de Toni Brunner contre la politique migratoire ont été particulièrement bien reçues. «En Suisse, nous comptons chaque vache, chaque porc, chaque poule, mais on ne peut pas savoir combien il y a d’étrangers dans notre pays», assure-t-il en critiquant le manque de transparence des statistiques de l’immigration.

Albert Rösti est ainsi conscient que le crédo économique restera secondaire à l’approche des élections. «Tout dépendra du développement de l’euro. S’il s’affaiblit encore face au franc suisse, si nous ne parvenons même pas à garantir la parité, alors les enjeux économiques prendront le dessus et nous sommes prêts. Si tel n’est pas le cas, c’est vrai que pour notre parti, l’économie ne sera pas le point central», avoue le conseiller national bernois, conscient que les thèmes de la migration, de la sécurité et de l’opposition à l’Europe continueront de faire le succès de son parti.