RAPPORT bERGIER

L’UDC s’engouffre dans la brèche

La droite conservatrice n’a jamais accepté les conclusions du rapport Bergier

En déclarant que la Suisse devait se doter d’une nouvelle commission pour établir le nombre de Juifs refoulés, Serge Klarsfeld a soufflé sur des braises qui ne demandaient qu’à être rallumées. Yvan Perrin (UDC/NE) a d’ores et déjà fait part de son intention de déposer une motion à la prochaine session parlementaire, en mars prochain. «Je vais d’abord poser la question au Conseil fédéral. Mais comme le courage n’est pas sa vertu cardinale, je suis sûr de sa réponse négative, et je lancerai une motion», précise-t-il. Selon le conseiller national, le chiffre de 24 500 refoulés est devenu «une certitude dans l’inconscient populaire» et a largement contribué à donner de la Suisse «l’image d’un pays de salauds».

Un avis partagé par son collègue de parti Luzi Stamm. Dès 2000, le conseiller national argovien avait interpellé le Conseil fédéral sur les aspects «hors mandat» de la Commission Bergier. Il est l’auteur d’une étude, Les dix «péchés capitaux» de la Commission Bergier, ­publiée par le groupement d’associations conservatrices «Communauté d’intérêt Suisse – Deuxième Guerre mondiale». Dans cette étude, il s’en prend notamment au «rapport intermédiaire sur les réfugiés», qui a «servi d’instrument principal pour noircir notre pays.» «Un nouveau travail sur le sujet est absolument nécessaire. Les chiffres eux-mêmes et la manière dont ils ont été mis en avant par les auteurs, et ensuite dans les ouvrages scolaires sont scandaleux. Les auteurs n’ont pas fait leur travail», persiste-t-il à penser aujourd’hui.

«En campagne électorale»

De l’autre côté du spectre politique, le conseiller aux Etats Robert Cramer (Verts/GE) rappelle que «ces questions sur le nombre de personnes refoulées ne sont pas nouvelles. Ensuite, les auteurs du rapport ont eux-mêmes évoqué la difficulté à chiffrer le nombre de réfugiés de manière définitive.» Quid d’une motion? «Monsieur Perrin est en campagne électorale», sourit le Genevois. Robert Cramer balaie l’argument selon lequel l’aura internationale de la Suisse aurait été abîmée par les conclusions du rapport Bergier. «Ce rapport a fait beaucoup de bruit en Suisse, je ne pense pas qu’il en ait été de même à l’étranger. Par contre, glisse le conseiller aux Etats, on débat certainement de ce pays qui recèle l’argent du monde.»

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